Vous êtes ici
Siné en rut
Bakchich, dans son humble bonté, ose vous livrer des extraits du premier numéro hors série de Siné Hebdo. Ames pudiques s’abstenir. André Langaney, généticien et chroniqueur à Siné Hebdo et Paul Carali, dessinateur de presse, musicien et fondateur du mensuel Psikopat, signent ici La vie en rut, le sexe entre nature et cultures.
Une vraie partie de mandibules en l’air. Insectes, poissons, mammifères, tout y passe. De ce qui nous semblerait des perversions inadmissibles à la chasteté et au romantisme le plus frigide, les animaux ont de quoi nous apprendre en matière de sexualité.
Quatre chapitres et une page par espèce, en terminant par la sexualité humaine et ses variantes selon les cultures, bien sûr en mettant toujours le doigt -si ce n’était que le doigt- là où ça fait rire, ou pas.
Allez, voici deux extraits pour la route !
Extrait n°1 : Fécondation par gode
Les Pseudo-scorpions sont des arachnides, cousins des vrais scorpions, mais minuscules et dépourvus de dard. Ils vivent dans des milieux très secs, parfois dans des vieux bouquins, et font des spermatophores.
Contrairement à ces rustres de Collembiles, les pseudo-scorpions, comme les vrais, se livrent en couple à des danses très délicates, où le mâle entraîne la femelle comme au guinche. Jusqu’au moment où il pose son spermatophore au sol et la force, en la tenant ferme par les pinces, à s’accroupir dessus.
Ce qui est marrant, c’est que ces spermatophores rigides qui jouent le rôle de godemichés fécondants ont, selon les espèces, des formes, des ornementations et des dimensions très différentes. Ce qui sépare les espèces : le spermatophore de l’une ne rentre pas dans les vulves de la femme de l’autre…
Bref, on est entre l’insémination artificielle, la procréation médicalement assistée et les raccords de plomberie !
Extrait n°2 : Une pour tous, tous pour une !
Les Rats-taupes nus ont des formes de bites à pattes et vivent dans des galeries, sous terre, en colonies nombreuses. Comme leur nom leur l’indique, ils n’ont que de rares poils, sensoriels vers la tête, la queue et entre les doigts.
Dans une colonie, qui peut comporter des centaines d’individus, une seule femelle, la reine, se reproduit. Son urine répand des phéromones qui, jointes à son agressivité, inhibent la maturation sexuelle des autres. Une bande de mâles partouzeurs vit dans la loge royale. Ils s’accouplent assez brutalement et assez souvent avec la reine pour qu’elle produise, cinq fois par an, des portées d’une douzaine de petits, parfois jusqu’à vingt-sept.
Le reste de la colonie vit comme les ouvriers de termites ou de fourmis, creusant les galeries, cherchant la nourriture et élevant les jeunes.
La vie en rut, le sexe entre nature et cultures, Siné Hebdo, HS n°1, scénario de André Langaney, dessins de Paul Carali, 7 euros.
À lire ou à relire sur Bakchich.info :








