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L’avion protégé par la Vierge de Lourdes (I)

En matière aérienne, la réalité dépasse souvent la fiction. Bien qu’étant des dieux vivants, les pilotes de ligne commettent parfois de graves erreurs – bassement humaines - comme en témoigne « l’affaire » du vol Air Inter IT5903 Orly-Lourdes.

Cette incroyable histoire se déroule en 1995, en pleine grève des mécaniciens. Alors que CRS et manifestants s’en donnent à cœur joie à proximité des pistes, un Airbus A 320 d’Air Inter prend tranquillement son envol laissant au ras du sol se jouer la guerre sociale. Aux commandes : un commandant de bord de 62 ans que les témoignages décrivent comme « dépressif ». Mais au moment de la montée de l’appareil, de fortes vibrations se font sentir. Ne réfléchissant pas plus loin, le commandant de bord coupe alors un moteur, considérant que les vibrations provenaient de celui-ci. Mais les vibrations continuent. Il coupe alors le deuxième moteur !

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C’était moins une
© Pakman

Pour la compréhension de nos lecteurs : un Airbus A 320 ne possède que deux moteurs. Il devient alors un énorme planeur de 77 tonnes. Et des moteurs d’avion ne se rallument pas aussi simplement que dans une voiture, en tournant la clé de contact. Les vibrations continuent de plus belle et le commandant de bord lance alors un appel de détresse, avant de s’apercevoir de son incroyable bourde : les vibrations provenaient du train d’atterrissage non rentré ! Un témoin de l’époque raconte : « J’ai très bien connu ce commandant de bord, qui a fait une grande carrière à Air Inter, et j’ai volé pas mal de fois avec lui à l’époque. Il maîtrisait parfaitement l’A 320. Ce jour là, le copilote a très bien joué son rôle. Il a plongé pour maintenir sa vitesse de 220 noeuds, et ils ont réussi à rallumer le 1er moteur à 800 pieds (environ 250 mètres d’altitude) sur les toits de Villeneuve-Saint-Georges ».

« Les petits anges blancs nous protègent »

Comment peut-on expliquer une erreur aussi monstrueuse ? « Les manifestants envahissaient les pistes et je pense que le pilote n’a pu s’empêcher d’observer ces événements lors du décollage », explique notre correspondant.

Outre les problèmes psychologiques de ce personnel navigant, un expert avance une autre explication : « l’individu venait de participer à des séances d’entraînement sur un simulateur qui présentait une fâcheuse tendance à bugger. Plutôt que de le réinitialiser quand il plantait, ce qui représentait une importante perte de temps, les pilotes avaient remarqué qu’en coupant les deux moteurs et en faisant « reset », le simu repartait correctement et immédiatement. Je pense qu’il a eu un moment d’absence et a reproduit instinctivement les gestes du simulateur. Seulement, à bord d’un avion en altitude on risque sa vie et celle de ses passagers si les moteurs restent en carafe ».

Une fois les moteurs repartis, le distrait pilote a voulu poursuivre son vol sur sa destination, considérant sans doute qu’il était de bon ton d’aller déposer un cierge par passager dans la grotte miraculeuse et d’y laisser la béquille du train d’atterrissage, comme le font les invalides retrouvant l’usage de leurs jambes. Mais le contrôle aérien lui a demandé de faire un retour sur la piste d’Orly, voulant sans doute limiter les dégâts.

Peut-on croire que la destination céleste du vol IT 5903 a protégé les passagers ? Dans nos enquêtes au-dessus du nid de coucous, nous avons approché un autre commandant de bord d’un genre particulier. Toujours en exercice dans une grande compagnie française, il noue sur les boutons du cockpit des petites lingettes nettoyantes blanches. Il les a baptisées « les petits anges blancs », qui sont censés le protéger de l’infortune.

Malheureusement, cette assurance divine n’a pas fonctionné sur un décollage qui s’est soldé par une sortie de piste et un mort à l’arrivée. Il faut dire aussi qu’il est réputé pour son manque de rigueur…

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