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Moments volés en Bretagne

« Au début elle est froide, mais une fois que t’es dedans, elle est bonne », sonne comme un rappel que nous sommes bien en Bretagne.
Le jeune père de famille m’aide à faire un barrage. Nous avons tous les deux les fesses dans une grosse flaque d’eau. Au même rythme, nous construisons un muret. « J’ai du mal avec la température de l’eau ici. Vous savez l’année dernière, nous étions en Israël. Là-bas, la mer est à trente degrés. Mais vous comprenez j’ai épousé une bretonne… ».

Un jeune vend des casquettes « New York » sur un marché touristique du Golfe du Morbihan. Les chalands ne se battent pas pour lui acheter sa marchandise. Elles sont pourtant belles ses casquettes.

La crise ne touche pas tout le monde de la même façon. Dans la queue chez le poissonnier, mon voisin parle, au téléphone : « … à 780 000 euros, il faut vendre… ». Je n’ai pas pu savoir de quoi il parlait. De ses stocks options, j’imagine.

Il pleut sur la plage. Pourtant la grand-mère est inflexible : « Tu vas te baigner ! ». L’enfant n’a pas six ans. La bourgeoisie a des valeurs qui peuvent surprendre, mais qui font partie de l’apprentissage. Peut-être sont-elles nécessaires pour licencier sans trembler ?

Des petits phares en tête de gondole, sous un drapeau breton chez Casino. Dommage qu’ils soient fabriqués en Chine Populaire. Est-ce important ? Sur la cheminée des grands-parents, personne ne les retournera.

Assis dans le sable, après avoir disserté sur les avantages de Centrale versus Polytechnique, un couple entre deux âges continue à deviser : « On a les moins bons profs de langues du monde ». A-t-on les meilleurs parents d’élèves du monde ? La question reste posée. Une chose est sûre, ils ont la langue bien pendue.

Au café du phare, « le lieu où il faut être » selon l’édition locale du Nouvel Observateur, un homme en marin des pieds à la tête s’adresse à son voisin également équipé pour traverser l’Atlantique : « T’as un studio libre à Paris ? Le fils de Charles est admis dans une petite école de commerce ». L’intonation sur le qualificatif de « petite école » est rédhibitoire. Pourtant, le fils de Charles ne doit pas se faire de souci, il n’aura pas de problèmes pour trouver un emploi. La morgue des amis de son père en atteste.

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A Deauville, le temps d’une escapade de fin de semaine, Bertrand Rothé a promené un peu de Bakchich.

Moments volés, situations cocasses, petites perles, c’est aussi cela la promiscuité de la garden party de l’Elysée du 14 juillet. Le récit de la journée par l’émissaire spécial de Bakchich.