Vous êtes ici

Grande-Bretagne, le Tamiflu en grappe contre la grippe

Si nos amis les Anglais sont réputés pour leur bière et leur rock’n’roll, le système de santé, c’est pas tellement leur fort. Preuve en est, en cet an de grâce 2009 qui voit émerger la « plus grave pandémie du 21ème siècle », dixit l’OMS. Côté gouvernement, on s’illustre par le flegme légendaire relatif au pays de James Bond.

Le Royaume-Uni est pourtant le pays qui comporte le plus de cas détectés et de décès liés au virus H1N1. 40 morts, ce n’est pas rien !

Lorsque le 11 juin dernier, date à laquelle l’OMS avait décrété la pandémie mondiale, la compagnie d’assurances britannique Maplecroft établissait la Grande-Bretagne en tête d’un classement de 213 pays, hiérarchisés selon leur vulnérabilité à la contagion. La France a été placée en 33ème position.

Diagnostics par téléphone

« Vous pensez avoir la grippe A ? Pas de problème, voici du Tamiflu ! » C’est en substance ce que les autorités britanniques proposent depuis le début de l’épidémie. Au rang des accusés, le service téléphonique et internet mis en place pour soulager les médecins et les hôpitaux, et qui permet de délivrer du Tamiflu, un antiviral, après un simple diagnostic par téléphone.

 - JPG - 67.3 ko
© Oliv’

Cette mesure qui vise à éviter toute contamination est un peu brutale. Un adolescent de 13 ans s’est vu prescrire le sacro-saint Tamiflu, alors qu’il souffrait en réalité d’une « grave infection rénale ». On apprend également cette semaine que le fameux antiviral serait tout simplement… dangereux pour les moins de 12 ans. Les risques l’emportant sur l’action thérapeutique du produit.

Hausse de température… boursière

En France, l’antiviral du laboratoire suisse Roche ne s’obtient que par ordonnance du médecin. De l’autre côté de la Manche, les Anglais se passent de médecins et plébiscitent le Tamiflu. En se perdant du côté des courbes du marché boursier de Zurich, on découvre, ô surprise, que depuis la mi-mars l’action Roche est passée de 124 CHF à près de 170 CHF aujourd’hui, soit une variation positive de 37%. Comme quoi une bonne petite grippe et hop oubliée la crise ! Mais restons à nos moutons. Les cours d’un laboratoire pharmaceutique qui s’envolent à l’apparition d’un nouveau virus n’est pas nouveau.

Ce qui inquiète vraiment la population, c’est la question de la fermeture des écoles. La faute à un calendrier scolaire tardif, certains établissements n’ont fermé leurs portes qu’à la fin du mois de juillet. Au 10, Downing Street, on se demande encore s’il faut retarder la rentrée initialement prévue le 3 septembre. « Fermer des écoles, comme le préconisent des experts serait extrêmement perturbateur socialement. Je crois qu’il en faudrait beaucoup plus pour qu’on aille dans cette direction », indiquait il y a peu le conseiller médical du gouvernement Liam Donaldson.

Mais que l’on se rassure, le ministre britannique de la Santé Andy Burnham ne tarit pas d’éloge sur sa méthode. « Il n’y a pas de raison de tricher, car la Grande-Bretagne a suffisamment de Tamiflu pour toutes les personnes contaminées dans les mois à venir. » Prends ton Tamiflu et tais-toi !

Lire ou relire sur Bakchich.info notre série sur la Grippe A

Avant la rentrée, Bakchich dégrippe pour vous le virus H1N1. Dans son 1er roman paru en 2008, le journaliste Daniel Carton décrit le chamboulement de nos vies urbaines en prise avec une pandémie mondiale. Prémonitoire (…)