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Les prix valsent en toute liberté dans les prisons

Aliments pour améliorer le quotidien, articles d’hygiène ou encore produits de loisir. Dans 16 % des cas (32 établissements sur 192), la gestion des cantines est confiée à des sociétés privées. Et, avec 306 euros mensuels en moyenne, selon l’OIP pour un détenu qui travaille (une minorité), le Caddie®
du prisonnier apparaît plutôt onéreux.

DES ECARTS DE PRIX DE PLUS DE 30 % D’UNE PRISON A L’AUTRE

Ainsi, pour un paquet de spaghettis Barilla de 500 g, il fallait, en juillet 2009, débourser 1,10 euro à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, quand Leclerc le vend 0,87 euro. Le kilo de sucre en poudre est, lui, vendu 1,99 euro, alors qu’on le trouve en grande surface autour de 1,50 euro.

Plus étonnant, les prix d’un même produit varient selon les lieux de détention. Ainsi, comme le relevait 60 millions de consommateurs en mai dernier, le prix d’un paquet de biscuits Pépito était, selon les derniers chiffres disponibles, de 1,11 euro à la maison d’arrêt de Nevers, contre 1,47 euro au centre pénitentiaire de la Farlede, près de Toulon. La prison de Villefranche-sur-Saône va même jusqu’à vendre le paquet à 1,70 euro.

Des variations de prix dont Alvaro Gil-Robles, ancien commissaire aux droits de l’Homme du conseil de l’Europe s’était déjà ému en 2006  : « Alors que le prix d’un paquet d’un kilogramme de sucre avoisine les 0,90 euro dans une grande surface du centre-ville de Strasbourg, il était de 1,27 euro à la Santé, 1,48 euro à Fleury-Mérogis et de 1,45 euro à Strasbourg », écrivait-il alors.

« Globalement, c’est beaucoup mieux qu’avant », tempère Éric Colin, de la CGT pénitentiaire. « À la centrale de Moulin, par exemple, la société Logipro s’était vu retirer le marché des cantines après que moult détenus ont protesté contre la hausse des prix. La tablette de chocolat avait ainsi augmenté de 75 %… », explique-t-il.

Mais pour Céline Verzeletti, elle aussi à la CGT  : « Il ne faut pas que les cantines soient gérées par des sociétés privées, mais par l’administration elle-même. Les retards de livraisons, les coûts élevés et la qualité moyenne des produits créent des tensions chez les personnes incarcérées ». Et autant de Pépito invendus.