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Remugles
Ca y est, la Quatrième République est de retour sous les clochers des alentours. La preuve, dans la tambouille qui fait notre actualité, on trouve l’ingrédient essentiel pour réussir une bonne « IVe » : un Mitterrand. Ce nom est ce que le gros sel est au bœuf, la moelle à l’os, la sauge au veau : indispensable.
Prenez les journaux. Ils sont à la hauteur du débat et le thermomètre du temps. Où l’on avait « L’affaire des fuites », nous avons « Clearstream », au scandale des « Piastres » se substitue celui des « Frégates de Taïwan ». Pour les cochonneries pédophiles des « Ballets roses », où le président Le Troquer et ses potes faisaient valser des gamines sur ses genoux, Polanski et son avocat Frédéric Mitterrand s’occupent du remake. Quant à Eric Besson, qui si j’ai compris le sens du livre de son ex-femme, gambade avec une vraie jeunesse, il nous met au diapason d’un romantisme hussard à la Chaban-Delmas. Manque plus que Guy Mollet… Hélas, les éléphants n’en ont plus en rayon. En dépit de la mode des 4x4, l’histoire patine.
Pendant ce temps-là, la monarchie continue
Pendant que les élites jouent la comédie d’Outreau à l’envers (si je puis dire), et justifient pour le célèbre ce qu’ils condamnent à l’inconnu, la monarchie continue. Et les écrans, plats comme des encéphalogrammes, persistent à ne diffuser que l’écume des jours. En voyage en Moselle le président de la République bafoue sa promesse, celle d’une visite qu’il devait faire aux ouvriers de Gandrange.
Le fils du roi -belle promotion pour un autodidacte- va être nommé à la tête de l’Etablissement d’aménagement du quartier de La Défense.
Le roi lui-même, et son chambellan, nomment en duo et à tour de bras, les patrons des radios et télés d’Etat, celui d’EDF, celui de Natixis et le futur taulier de France Télécom. Un jour le monarque taxe le carbone pour faire plaisir aux clowns verts comme Hulot ou Arthus-Bertrand, un autre il refuse une nouvelle licence de téléphonie mobile, qui ferait tomber les prix -ce qui ferait du chagrin à Bouygues- alors que nous sommes au deuxième rang du portable cher en Europe.
Là-dessus ? Dans le liquide des écrans : que dalle. Pas plus que sur le travail de Bakchich quand nous parlons, non pas des caleçons de Mitterrand, mais d’uranium français en Iran ou encore de la corruption générée par le marché des « frégates ». L’ère du « bling-bling » est dépassée, nous arrivons au vaudeville. Et les portes claquent : sort un Polanski côté jardin, entre un Mitterrand (côté cour, bien sûr).
Retrouver la "common decency"
Le drame dans cet air délétère, pour employer le vocabulaire de nos merveilleux confrères du « Monde », c’est que l’extrême-droite est en train de se refaire la laine sur le dos. Les cibles sont si bien exposées, si difficiles à défendre, que même Benoît-Hamon, du-PS, est obligé de cogner dans le sens de la Marine. Mais dites-moi comment le parti de Jaurès peut garder un peu d’adhésion populaire en ne sifflant pas "péno" aux turpitudes du neveu de Tonton ?
George Orwell, qui n’était pas vraiment un réac’, parle de la « common decency », c’est-à-dire d’un fond que partagent les hommes ordinaires, qui dit, par exemple, qu’il vaut mieux éviter, si possible, de coucher avec sa fille, de violer des gamines ou de se taper des petits garçons. Des idées simples que l’on peut défendre sans prendre une carte du FN, ou nier le droit à la licence, littéraire.
Mais, l’objectivité l’impose, je n’achèverai pas cet épitre sans prendre la défense de Frédéric. D’abord, il est trop malmené, au plan idéologique, par les députés de l’UMP, quand ces derniers expliquent que Frédo est entré au gouvernement « dans le cadre de la politique d’ouverture à gauche ». Une affirmation blessante puisque notre ministre de la Culture n’a jamais été, ni voté, à gauche.
Enfin, posons-nous la question : Mitterrand est-il arrivé à son ministère par effraction, ou a-t-il été nommé par le président de la République ? Notre Nicolas Ier qui, dit-il, sait tout, depuis longtemps, de l’amour que son poulain porte à la Thaïlande ; et sans doute aussi sa passion gidienne pour Hammamet. Où, heureusement, tous les jeunes garçons sont adultes.



