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Les petits prix la main dans le sac
La taxe carbone, c’est fait. La hausse du forfait hospitalier, celles des impôts locaux, itou. Parfait ! Selon des données du cabinet Nielsen, le spécialiste des études sur la grande consommation, parue dans le magazine LSA, l’inflation frappe à nouveau les Caddie® remplis de produits pas chers.
Dans le détail, cela signifie que les étiquettes des articles bas de gamme (vous savez, ceux qui n’ont pas de marque ou une marque inconnue, toujours un peu planqués en bas des rayons) ont augmenté de 1,9 % au mois d’août par rapport à août 2008. Pas de chance pour les plus fauchés ! A titre de comparaison, les marques de distributeur (les MDD) comme Carrefour Discount, n’ont augmenté que de 0,4 %. Quant aux grandes marques nationales, leurs prix ont carrément baissé en moyenne de 0,4 %.
Les distributeurs font leur beurre sur leurs propres marques
Pour comprendre cette valse à plusieurs temps des étiquettes, il faut se référer aux habitudes des grands épiciers comme Auchan ou Leclerc. Les prix des grandes marques baissent ? Normal. Avec la crise, les acheteurs de la grande distribution, qui fixent le prix final des produits, ne font pas de cadeaux à Yoplait, Barilla et autres Panasonic.
A quelques produits leaders près qui enregistrent une petite hausse de l’ordre de 0,1%. Oh, ne voyez pas là un quelconque accès de générosité. Simplement, les grandes enseignes ne peuvent pas se passer de 1664, Nutella et autres Ricard sous peine de voir filer à la concurrence des clients qui ne peuvent pas se passer de leurs marques fétiches.
On l’a vu, les MDD s’en tirent encore. Les enseignes auraient tort de ne pas en abuser car c’est avec elles qu’elles font l’essentiel de leur marge. L’exercice est d’autant plus pratiqué que les ménagères sont moins sensibles aux variations de prix de ces produits qu’à celles des produits des grandes marques nationales.
Mention spéciale pour le sucre
Pour le bas de gamme, la mécanique est un peu différente. Les experts de la grande distribution ne sont pas à court d’arguments pour justifier leur hausse. « Le prix de ces produits intègre un minimum de main d’œuvre et de matières premières. Or, le coût de ces dernières n’a pas beaucoup diminué pendant la crise », explique les journalistes de LSA. Pire, après la flambée des matières premières en 2008, il n’y a eu qu’un bref répit avant le retour de l’inflation.
Selon l’Insee, les prix des denrées alimentaires a progressé de 6,6 %, avec une mention spéciale pour le sucre qui a bondi de 21,9 %.
Oui, mais il faut de la matière première pour tous les produits, direz-vous. Certes. Mais sa part relative est plus importante dans le bas de gamme que pour le reste des produits, car le frais de packaging, de marketing y sont fortement réduits.
Alors pourquoi les étiquettes des produits frais premiers prix n’ont-elles pas répercuté la baisse du prix du lait de 1,3 % en août alors que les yaourts Danone et le camembert Président ont perdu en moyenne 2,9%. « Qu’il s’agisse des grandes marques nationales ou des MDD, les prix baissent parce que les dépenses marketing ont été réduites », explique un expert du secteur. En résumé, moins de pub et quelques promotions spéciales sont aussi à l’origine de la déflation des « grandes marques nationales ». Pas de bol pour les pauvres qui n’ont pas les moyens de se payer du « Vu à la télé ».
Vous aurez noté que cette hausse des « premiers prix » est plus importante que celle du SMIC qui n’a augmenté que de 1,3% en juillet dernier. Le gouvernement ayant refusé de lui donner un "coup de pouce" au prétexte que l’inflation n’avait jamais été aussi basse. Les plus démunis, gros consommateurs de produits d’entrée de gamme, apprécieront…
Les statistiques n’aiment pas le pauvre
Selon l’Insee,, les prix ont baissé de 0,2 % au cours des 12 derniers mois. En clair, ce n’est pas la peine d’aller escagasser les pieds de votre patron cette année, la conjoncture a déjà négocié votre augmentation. Ça sonne bien, mais ce n’est pas vrai pour tout le monde. Pour calculer son indice de prix, l’Insee a constitué un panier de produits dont la composition est tenue secrète et évolue régulièrement. Comme l’institut le dit pudiquement « la hausse des prix à laquelle vous êtes personnellement confronté dépend donc de ce que vous achetez : si vous consommez beaucoup d’un produit dont le prix augmente plus que la moyenne, votre « inflation individuelle » sera plus élevée que l’inflation moyenne ». Ce qui est le cas des personnes qui sont contraintes d’acheter beaucoup de « produits premiers prix.




