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Le <i>Drive</i> pour sauver la grande distribution
Alors comme ça, les samedis avec les marmots, à faire ses courses dans les hypermarchés, ça t’ennuie (pour ne pas dire plus) ? Du coup, tu te détournes de ces usines à vendre pour faire tes achats ailleurs, chez le primeur ou au marché du coin ? En somme, un retour aux sources.
Sympathique, tout ça, mais est-ce que tu penses aux conséquences ? Ces pauvres hypermarchés Carrefour ou Géant Casino qui en sont à regarder, ahuris, leur chiffre d’affaires baisser et, plus grave encore, leurs courbes de Bourse vaciller ? Sans cœur, va ! Heureusement, la grande distribution a des ressources. Voilà donc le magasin Drive qui fleurit maintenant un peu partout.
A l’origine, un concept nordiste, né dans le giron de Auchan, avec Auchan Drive, en 2000, et Chronodrive, en 2004. L’idée est simplissime. A mi chemin entre l’e-commerce et les courses classiques, il s’agit de passer ses commandes sur Internet et, ensuite, de venir les récupérer sur place, avec un gentil monsieur qui vient les déposer dans ton coffre, sans que tu aies besoin de bouger ton cul. Sur place, en l’occurrence, c’est un entrepôt, bourré à ras bord de boustifaille, installé, si possible, près des grands axes de circulation – le Drive adore les ronds-points.
A ce stade, tu te dis : « Ok, très bien, mais pourquoi ces jolies enseignes ne vont pas jusqu’au bout du principe, en venant directement me livrer chez moi, ce serait tellement plus simple ? » Ben parce que ça leur coûterait trop cher, pardi ! Tu connais le prix de l’essence, toi ?! Tu voudrais quand même pas que, dans un geste commercial grandiose, elles te fassent des cadeaux, non ? Malignes, elles préfèrent que ce soit toi qui raques, en prenant ta voiture pour aller chercher ton ravitaillement de la semaine.
Moins de frais, plus de marge
En plus, comme elles te font croire qu’elles te rendent un service avec ce système du Drive, elles en profitent pour (encore !) augmenter leurs marges. Par quel miracle ? Logique. Dans un Drive, pas besoins de jolis rayons ou de jolies lumières. Juste des marchandises, à l’état brut, posées sur des étagères. Donc moins de frais.
Et moins d’employés, aussi, moins bien payés : l’immense majorité est à temps partiel, au Smic horaire, taillable et corvéable à merci, souvent des étudiants qui ne restent que quelques mois, le temps de se dire que, finalement, à y bien réfléchir, McDo, c’est pas si mal. Là encore, donc, moins de frais.
Or, pourtant, surprise, les prix, eux, sont similaires aux hypers. Ce qui signifie, en clair, que les enseignes de Drive s’en mettent plein les fouilles : quand un bon hyper dégage une marge nette de 2 à 3%, un Drive efficace culmine aux alentours de 5% environ.
Pas étonnant, alors, de voir les Drive fleurir un peu partout désormais. Il y en a déjà pas loin de 300. Il devrait y en avoir 700 ou 800 en fin d’année. Avec même Carrefour qui prévoit de s’y mettre, c’est dire.




