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Les Contis sont des cons
Les Contis sont des cons. Ce Vendredi 5 février 2010, six d’entre eux ont échappé à des peines de prisons, de la taule troquée contre des amendes dont l’échelle va de 2 000 à 4 000 euros. La nouvelle les a rendus contents.
Et pas qu’eux, les Contis, autour aussi : Benoît Hamon, Marie-Georges Buffet, Cécile Duflot et Olivier Besancenot. Cette joie est à pleurer. Pourquoi ? Parce, comme si c’était un hasard, le mois de février est celui de l’anniversaire de quelques violences de pêcheurs ou de paysans. In memoriam…
Le 4 février 1994, ce sont les marins-pêcheurs qui mettent le feu au Parlement de Bretagne, après avoir transformé en torches pas mal de bagnoles et beaucoup cassé la ville de Rennes. Ben… Pourquoi pas, même si tout cela a coûté plus de 300 millions de francs.
Le 8 février 1999, ce sont des agriculteurs d’Ile-de-France, prolétaires connus circulant en Range Rover, qui transforment en art conceptuel, à coups de manches de pioches, le bureau de Dominique Voynet ; alors ministre des écolos. Dégâts : plus d’un million de francs.
Et que pensez-vous qu’il arriva ? Rien. Pas un incendiaire du Parlement, pas un brûleur de Voynet n’a été jugé ou inquiété. Quand on n’aime pas les flics et la justice, c’est tant mieux. Finalement, attaques de préfectures, peintures au lisier, les paysans ne sont jamais transformés en gibier de potence. Il n’y a que José Bové pour se faire coincer en train de démonter un McDo, ou en pleine moisson d’OGM. Faut dire qu’il ne se cache même pas quand il bosse.
Ma remarque philosophique est que, chacun dans notre société, considère l’agriculteur, pourtant très pollueur, comme une partie de lui-même. A part Balladur, tout le monde a un ancêtre paysan. Et puis, l’agriculteur n’est-t-il pas le jardinier de la nature ? Donc, le paysan propriétaire de ses terres, de ses tracteurs et machines à lisier, est le vrai prolétaire, admirable, juste et bon. Alors que le prolétaire vrai, le Conti, qui n’a que ses bras pour travailler et ses yeux pour pleurer, n’est qu’un abuseur d’ASSEDIC, l’un de ces profiteurs auxquels Copé pique de l’argent quand il est victime d’un accident du travail.
Cette valse de joie d’Hamon, Buffet, Duflot et Besancenot, sur le parvis de la Cour d’appel d’Amiens était indécente. Ces gens étaient heureux car ils touchaient là le salaire de leur juste lutte. « Tous ensembles. Tous ! », ils avaient fait reculer la justice bourgeoise. Tu parles. Comme si une amende de 4 000 euros n’était pas trois mois de salaire d’un Conti !
Au lieu de rigoler, les amis des 1 120 licenciés de cette usine à pneus auraient mieux fait de leur acheter des tracteurs et des citernes à lisier. Aujourd’hui c’est tranquilles, sans avoir été condamnés et sans la perspective de l’être bientôt à nouveau par le tribunal civil qui va demander le remboursement de la casse, que les briseurs de sous-préfecture pourraient jouer à l’Euro Millions. Dont le gros lot est à cent, faute d’être à feu.



