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La cité perd ses eaux

Cité aussi populaire que portuaire, la plus belle ville du monde connaît aussi de petites misères, pas franchement moins pénibles au soleil. Poussé aux bords du cossu 9e arrondissement, à l’extrême sud de Marseille, l’ancien bidonville devenu quartier la Cayolle est rarement visité. Quelques promeneurs en direction des calanques, des petits jeunes qui veulent enfumer leurs journées voire des visteurs vers la prison des Baumettes toutes proches…et c’est tout. Enfin c’était.

Depuis quelques années, les locataires de la Logirem, l’un des importants bailleur social de la ville, ont vu accoler sur leurs portes d’étranges avis de coupures d’eau. Comme des appels sinon à la délation, du moins à un coup de pression. (voir pièce jointe)

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La société des eaux de Marseille prévient

Un numéro de contrat qui n’a pas honoré sa facture et une menace de couper l’eau dans tout l’immeuble… Tout pour mettre une bonne ambiance dans un quartier et renforcer un peu le lien social. Pas bégueule la Société des eaux de Marseille avise que « la mesure peut encore être évitée si la redevance est payée sous 48 heures ». Miséricorde !

« En fait, le souci est que la Logirem a délégué la gestion et la facturation au groupe des Eaux de Marseille, qui a trimestrialisé les charges, détaille à Bakchich un habitant de la Cayolle qui a préféré requérir l’anonymat. Cela a pesé sur les budgets des foyers car certaines factures étaient des estimations fantaisistes ».

D’autant que la délégation s’est faite au forceps. Un contrat pré-rempli et à signer par les habitants, mais parfois déjà paraphé ( !) comme a pu le constater Bakchich en fouillant les archives de quelques résidents….Pas de quoi inciter à gueuler contre des méthodes un brin baroque. « En fait ils veulent créer des tensions pour que les gens s’en aillent et transformer la Cayolle en quartier moins populaire. Ils ont même parfois enlevé des compteurs ! »

Autant d’arguments que la Société des Eaux balaie un peu gênée. « On ne peut pas vous assurer que ça n’a jamais été fait, prévient la com’ du groupe. Mais c’était sans doute des initiatives isolées, incontrôlables et sans arrière pensée ».

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A Marseille, faut savoir négocier l’eau
© Nardo

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