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Une nouvelle étape dans la déchéance de la justice en Tunisie

Les irrégularités qui ont accompagné cette affaire sont sans précédent.
Le juge Lassaâd Chammakhi a, en effet, prononcé la relaxe de Imed Trabelsi ; il a condamné à un an de prison avec sursis son frère Moez et à deux ans avec sursis le comparse Naoufel Ben Abdelhafidh.
La nouveauté est que le juge a donné l’ordre au greffier d’indiquer que les accusés étaient présents alors qu’ils ne sont pas donnés la peine de comparaître, se rendant ainsi coupables d’un crime puni par la loi tunisienne par l’emprisonnement à perpétuité.
Tout cela, dans le cadre d’un procès tenu à huis-clos, un samedi après midi, hors du temps de travail réglementaire alors que le Palais de justice était vide.
Tout cela prouve également la volonté de maintenir le secret autour de l’affaire.

PRIVATISATION DE LA JUSTICE

Ainsi, la privatisation de la Justice ne s’arrête plus aux procès politiques au service d’un régime basé sur la corruption, la répression et la violence mais s’étend maintenant à la protection de criminels pourvu qu’ils aient une relation de parenté avec Leila Trabelsi, épouse du Général Ben Ali.

La nouvelle affaire est un épisode de plus dans la dégradation d’une justice que le pouvoir a toujours empêchée d’être une institution, la voulant un appareil complémentaire de celui de la police et n’ayant pour mission que de jeter un voile de légalité sur les injustices les plus criantes.

BANDES MAFIEUSES

Malheureusement la justice, la police, les douanes ou le fisc sont devenus aujourd’hui, en Tunisie, les otages des bandes mafieuses qui se sont emparées du pouvoir dans ce pays.
Il n’empêche que la dégradation de la Justice nous touche plus, puisque comme le dit le sociologue Ibn Khaldoun, elle est le pilier de toute civilisation. Cette magistrature indigne qui juge à huis-clos et falsifie est aujourd’hui l’une des causes de la destruction de notre pays.

PUNIR LE CRIME

Le Congrès pour la République (CPR) en appelle aux juges silencieux. Leur silence ne les absout pas de leurs responsabilités morales, professionnelles voire légales, le jour où le peuple recouvrera sa souveraineté, l’Etat, sa légitimité et le citoyen, sa dignité.
C’est le droit des Tunisiens d’exiger qu’ils condamnent tous les juges corrompus dont Lassaâd Chammakhi et tous les ministres de tutelle qui ont asservi la justice à la dictature, dont le ministre Lazhar Bououni ; qu’ils s’engagent dans la défense de la dignité, de l’indépendance et de la fonction de l’institution judicaire qui est de garantir l’autorité de la loi sans discrimination et la défense des droits et libertés.

Le CPR s’adresse aussi à l’ordre des avocats pour lui demander d’enquêter sur le comportement des deux avocats qui ont participé à un tel procès en contradiction totale avec les règles de la profession.
Mais le CPR s’adresse surtout à toutes les forces vives du pays pour leur rappeler l’urgence de retourner au combat politique afin de mettre fin au régime de la répression, de la falsification et de la corruption et de reconstruire les institutions détruites par la dictature dont une institution judicaire punissant et non protégeant le crime.