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Télé-Drucker, l'histoire par les nuls
Marie Drucker aime les gens riches et beaux. Elle a raison. Son tonton Michel, la coqueluche des maisons de retraite, est riche. Elle-même est belle. C’est bien, l’effet dynastie, surtout à la télé.
Le problème est que France-2, en confiant ses émissions d’histoire, et donc de mémoire, à cette jeune fille, agit comme un ingénieur qui collerait un moteur de 2CV sous un capot de Maserati. Observez que, pour ne pas prendre parti dans la guerre des journaux de 20 heures, je n’écris pas Ferrari. Clémenceau a écrit : « la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». Il en va de même avec l’histoire, quand c’est Marie qui la mouline. Vous me direz, elle a à ses côtés Max Gallo, le Pic de la Mirandole du temps passé… Le problème est le suivant : en furet (pas François) de la vie politique, Max est passé du PCF à Sarkozy en faisant étape aux cases Tonton, Chevènement et Pasqua. Marathon fatigant et usant pour la crédibilité. Marie est donc seule à table.
Pour la soirée sur la « Rafle du Vel’div », l’autre semaine, la jeune femme a fait ce qu’elle a pu, c’est-à-dire peu, sur un sujet de nuit et brouillard, de cauchemar, l’holocauste franco-français, où l’ignoble se tricote à l’écœurant. Des questions nourries à l’émotion qui ne gratte jamais, et jusqu’à l’os, la carrière de René Bousquet. Son parcours, du dynamitage du Vieux Port de Marseille, de la rafle raciale du vélodrome, au sofa de Mitterrand. Aucun témoignage de Tata et de ceux qui furent ses invités dans la bergerie des Landes. A Latché, qui se battaient pour manger du fromage de chèvres là où Bousquet avait son rond de serviette…
Il y a un an, en pleine opération « Plomb durci », celle d’Israël sur Gaza, faisant face au comique Jean-François Dérec, Marie interrogeait en direct l’humoriste. Hasard de l’histoire, il vient de se découvrir des ancêtres juifs :
Marie. C’est terrible cette carence des dirigeants…
Dérec. Oui.
Marie. Des deux côtés, israélien et palestinien…
Dérec. Non. Les Israéliens sont nuls.
Marie. Oui, bien sûr, il nous manque le grand héros…
Dérec. Oui.
Marie. Ariel Sharon.
Dérec. Non Rabin…
Cette petite scène vous montre l’acuité de notre chère Marie sur le front de l’histoire.
L’histoire, et surtout le front, tonton Michel la vit en direct. Mieux il la fait, l’histoire. Quand France-2 transforme votre salon en hangars à avions, c’est Michel qui ouvre les portes et sert la soupe au mess. Nous avions eu droit à une soirée « spéciale » pour fêter le « 75e anniversaire de l’Armée de l’air ». Michel Drucker, embarqué par les gonfleurs d’hélices, était même en Afghanistan. Vu Sardou, déguisé en pilote de chasse et appris qu’il est « colonel de réserve ». Pas étonnant qu’il ait jadis écrit une chanson favorable à la peine de mort, c’était donc une simple obligation professionnelle.
Alors qu’on « ne remplace pas un fonctionnaire sur deux », si l’on en croit des moulins à parole comme Xavier Bertrand, l’armée, elle, placarde des affiches pour recruter 15 000 bidasses, qui vont donc devenir des salariés de la fonction publique…. Si je comprends le sens donné par le gouvernement à sa politique, nous n’avons pas besoin de profs ou d’infirmières, mais de caporaux et d’adjudants. C’est clair, la patrie est en danger. L’incroyable soirée de France-2, l’aile triomphante, était de la propagande, type URSS, destinée à racoler des chômeurs. Patrick de Carolis, le patron de France Télévision, devrait savoir que la pub est interdite après 20 heures… Disons que si Patrick prend conscience de cette nouvelle loi, il va, aussi, devoir interdire des émissions comme celle de Giesbert, tout aussi « promotionnelle » que « Dop, Dop, Dop », pour le shampoing.
Vous aurez remarqué, si vous avez volé avec les Michel, que personne, jamais, ne vous a indiqué que, comme le cassoulet ou le vin, l’abus d’avions est dangereux pour la santé. Personne ne nous a indiqué qu’en appuyant sur un discret bouton, on pulvérise, à terre, des dizaines de types le plus souvent innocents. Vous me direz, Allah reconnaitra les siens. Mais pourquoi faire une émission aussi pédagogique sans aller jusqu’au bout du programme ? Dire combien ce cirque a coûté, et dire surtout le but final de ces loopings : tuer.
Que ce soit avec la nièce ou l’oncle, France-2 enseigne bien mal l’Histoire.



