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Le nouveau coup de la panne

Dans les années 2000, arrive sous les capots le nouveau jackpot des garagistes… l’électronique embarquée. Sur la Laguna 2, par exemple, pas moins de dix-huit innovations, dont le gadget de la carte qui fait démarrer l’auto. Pas utile mais, question frime, vous pourrez toujours faire croire à votre belle-mère que c’est réservé aux agents secrets…

En vingt ans, la composition des bagnoles est passée de 5% d’électronique à 30%. « Par un effet mécanique, l’augmentation du nombre des mini-ordinateurs à bord a entraîné une augmentation du nombre de pannes », analyse Khalid Zarrougui, chef de rubrique Guide à l’Automobile magazine. Et l’expert de pointer du doigt les constructeurs qui ont joué aux apprentis sorciers, faisant tester les innovations par les nouveaux clients. Chaud devant : le régulateur se bloque à 150 km/h sur l’autoroute, vos portes coulissantes s’ouvrent en marche… ou vous laissent prisonnier du véhicule (on n’a pas l’air bête sur le parking du supermarché).

Une manne pour les garagistes, qui en profitent pour faire exploser les chiffres du service après-vente. « Le chef d’atelier est la gagneuse de la concession, explique un ancien mécano. Les ventes neuves se font à marge zéro, alors on se rattrape sur les réparations. » Et avec l’électronique, facile !

Vitesse moderne - JPG - 34 ko
Vitesse moderne
Dessin de Klub

Notre « exfiltré » nous livre quelques « trucs » particulièrement lucratifs : « Face à des problèmes d’injection, on change toute la rampe des quatre injecteurs sans se préoccuper de savoir lesquels sont vraiment HS, avec la pompe en prime. » Facture autour de 3 000 euros. « On pourra aussi vous proposer le changement du faisceau électrique pour 1 500 euros », argumente le mécano. Certains vont même jusqu’à proposer le changement d’un calculateur à 1 000 euros pour une simple clé à refaire, qui ne coûte que 120 euros. Et si la voiture broute, d’autres ne vérifient pas le filtre à gazole, peu coûteux, et propose le remplacement de la pompe, opération à environ 2 000 euros.

« Le problème est que le garagiste est à la fois médecin et pharmacien. La relation avec le client est donc forcément tendue, analyse Khalid Zarrougui. Mais le scandale réside dans le fait que les concessionnaires ont un quota de pièces à vendre. L’après-vente devient ainsi un centre de profit. Le chef d’atelier qui vend ses 100 démarreurs dans le trimestre a une prime. »

« Où est la sincérité du diagnostic ? », se demande à juste titre le spécialiste, dont le bureau croule sous les cas de nombreux automobilistes délestés à tort de plusieurs milliers d’euros. « Lorsque la voiture n’est pas en panne, emmenez-la dans un autre garage et faites établir un devis, conseille-t-il, même si vous devez le payer 30 euros. Faites deux ou trois ateliers, vous aurez ainsi des certitudes sur les pièces à remplacer réellement. » Avec un petit tour de vice, la concurrence a du bon.

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