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Baroin envoûté par Bercy
Comment comprendre les déclarations du toujours jeune Baroin sur le fait qu’après 2013, il faudra augmenter les impôts ? Les plus audacieux y voient une impertinence vis-à-vis de Sarkozy : le message serait que, puisque Sarkozy ne veut pas se résoudre à attrister Neuilly et à faire quoi que ce soit sur le bouclier fiscal, il faut attendre qu’il ne soit plus là, c’est-à-dire après 2012…
Les plus lucides y voient le fait que le ministre, plus Harry Potter que jamais, s’est laissé envoûter par les sorciers de Bercy. Et ceux-ci n’ont plus qu’une obsession : réduire le déficit de la Sécurité sociale – celui de l’État finissant par se résorber au gré de la croissance et des réductions de dépenses. C’est en effet ce déficit qui est dans le collimateur des analyses des agences de notation. Même si personne n’arrive à comprendre comment on peut encore prendre au sérieux ces lucratives bureaucraties privées, il est de bon ton de les mettre en avant pour justifier l’austérité.
Comme elles sont persuadées que l’alpha et l’oméga des problèmes de l’Europe résident dans le financement des retraites, on reporte allègrement un peu partout l’âge de départ, d’Athènes à Madrid en passant par Paris, et Bercy se sent en devoir de brandir la CRDS à tout bout de champ – c’est ainsi que l’assurance-vie vient d’y passer. Qui plus est, la TVA sociale pointe de nouveau son nez. Il faut à tout prix sauver le soldat « Sécurité sociale » pour préserver notre AAA…
Baroin a compris de tout cela que, finalement, ministre du Budget, c’était un métier facile. On répercute les idées de ses services, on prend un air affligé et on se désole de l’inconscience de ses concitoyens. Sauf qu’au final, aucune réflexion sérieuse n’est menée. On attendra, là encore… 2013 ! Seulement, en matière de finances publiques, patience et longueur de temps font plus de dette que la force et la rage…










