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Jeux vidéo, faut-il être dans le "Move" ?
Pour une fois, tous les grands pontes de l’industrie du jeu vidéo s’accordent sur au moins deux points : Premièrement, nous sommes aujourd’hui à environ la moitié du cycle de vie des consoles dites « next-gen » et deuxièmement, ce cycle sera beaucoup plus long que les précédents car les sommes colossales investies dans le développement de la Xbox 360 et de la PS3 commencent seulement à être amorties. D’où la nécessité pour les constructeurs de trouver ce qu’on appelle en marketing « des relais de croissance », c’est-à-dire des moyens de refaire passer le client à la caisse en attendant le prochain modèle.
Dans ce but, Microsoft et Sony ont donc chacun développé deux périphériques, le Kinect et le Playstation Move. Chaque périphérique s’appuie sur une approche technologique différente de la détection de mouvements mais tous les deux ont en commun l’ambition d’aller braconner sur le juteux terrain de la Wii tout en jurant par tous les dieux qu’ils veulent surtout offrir de nouvelles expériences aux gamers purs et durs.
Alors expérience révolutionnaire ou pur baratin marketing ?
Premier verdict aujourd’hui avec le test du Playstation Move de Sony, sorti le 15 septembre 2010 dans nos contrées.
La baguette magique
Le Move se présente en deux parties.
D’un côté, une sorte de gros godemiché, assorti de plusieurs boutons sur son manche et surmonté par une grosse boule luminescente. De l’autre, une caméra, rappelant l’Eye Toy de la PS2, chargée de suivre les mouvements de la boule et de vous photographier de manière importune quand vous jouez en slip. Une fois ce dispositif mis en place, vous devez calibrer le Move avant de lancer le jeu et ce à chaque nouveau lancement, ce qui devient très vite agaçant.
Première impression, rendons à Sony ce qui est à Sony : le Move restitue parfaitement et avec une grande précision les mouvements réalisés par l’utilisateur. Coup droit, revers, estoc, taille, accélération, amplitude, la baguette parvient à saisir les moindres nuances du mouvement et les retranscrit fidèlement à l’écran. Sur ce point, le Move est une vraie réussite qui permettra à tous ceux qui s’extasient devant la Wii de découvrir ébahis une véritable détection de mouvements.
La prouesse technologique est donc bien réelle mais est-elle pour autant pertinente ?
Le cul entre deux chaises
Une fois l’effet de surprise passé et les quelques jeux spécialement conçus pour le Move essayés, un triste constat s’impose : le Move veut faire trop de choses et il les fait mal.
D’un côté, il veut séduire les joueurs occasionnels charmés par Nintendo et les faire passer à la Haute définition. De l’autre, il ne veut pas perdre le cœur de cible de la PS3, des gamers technophiles et exigeants, en proposant des expériences de jeu trop simplistes rappelant la Wii.
Ce grand écart se manifeste sur le plan de l’ergonomie.
Loin de posséder l’élégante simplicité de la Wiimote (deux boutons + une gâchette), le Move reprend les quatre boutons de la manette PS3 en plus petits plus deux boutons gâchettes.
Cette prolifération de boutons complexifie inutilement l’expérience de jeu pour le joueur occasionnel qui doit mémoriser l’emplacement des boutons comme s’il jouait sur une manette, avec en plus la difficulté de coordonner ses commandes avec des mouvements dans l’espace.
Pour le joueur confirmé, c’est un autre problème. Il est bien plus simple et agréable d’enchaîner des actions complexes avec une manette munies de deux sticks analogiques alors pourquoi s’embêter avec le Move si ce n’est pour le plaisir idiot et vite épuisant d’agiter les bras en l’air ?
Or tous ceux qui sont vraiment des gamers le savent : on ne joue pas pour s’amuser…
Une expérience ludique insipide
Le Move prétend nous offrir « une expérience de jeu inédite ».
Après avoir testé les deux jeux envoyés par Sony, j’avais plutôt l’impression d’avoir mangé un plat réchauffé avec une sensation déjà-vu.
Le premier jeu, Sports Champions, est un Wii Sport amélioré avec comme principal intérêt un mode « combat de gladiateurs » où vous pouvez vous bastonner à coups d’épée au risque de défoncer tous les meubles de votre salon. C’est rigolo cinq minutes mais une fois que le Move a fait le tour du groupe, vous remettez Street Fighter pour vraiment vous amuser avec vos potes.
Le deuxième, Kung Fu Rider, se veut le jeu fun, fresh et décalé du lot avec un salaryman japonais combattant la mafia en dévalant des ruelles sur une chaise de bureau (humour japonais inside).
Ça pourrait être amusant sauf que c’est un bête jeu de course qui vous impose des mouvements complexes pour réaliser les figures les plus simples.
Ex : pour frapper un mafieux, il faut bouger le Move à droite ou à gauche en appuyant sur carré ou triangle ; pour se baisser, il faut tirer le Move vers soi en pressant la gâchette.
Bref, on passe son temps à chercher les commandes au lieu de se laisser porter par le rythme de l’action et tout cela rappelle les pires bouses de la Wii, la simplicité de la prise en main en moins.
Verdict : le Move met une expérience « d’un réalisme jamais atteint » au service de l’ennui.
Trop complexe pour permettre de s’amuser simplement ; jeux trop fades pour tirer pleinement parti de la technologie, le Move parviendra peut-être à séduire le grand public non-averti par sa simple prouesse technologique. Mon conseil serait plutôt de garder la tête froide.
Playstation Move
Développé par Sony Computer Entertainment
Pack découverte disponible à 60€ environ
Site web : http://blog.fr.playstation.com/2010/03/11/motion-controller-post/
Flash test
Castlevania : Lords of Shadow
Développé par Mercury Steam et édité par Konami
Résolument ancrée dans une esthétique et un gameplay 2D, la franchise de Konami n’était pas encore parvenue à effectuer un transfert réussi vers la troisième dimension. Elle y parvient enfin dans cet opus qui se réapproprie tous les meilleurs concepts des grands jeux d’action/aventure de ces cinq dernières années. Le résultat : un mélange entre Uncharted et God of War avec une pointe de Shadow of the Colossus porté par un style visuel et un game design dépassant souvent les modèles d’origines. Une excellente surprise mais qui a au final aussi peu de rapport avec la série des "Castlevania" que "Resident Evil 4" pouvait en avoir avec celle des "Resident Evil".
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