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"Machete", du très bon mauvais goût

« T’as fait chier le mauvais Mexicain ! » C’est sûr que ce n’est pas une très bonne idée de lui marcher sur les santiags, surtout quand le Mexicain en question à la gueule vérolée de Danny Trejo et qu’en guise de cure-dents il utilise une machette (d’où son surnom) longue comme un bras.

Seul federale incorruptible du Mexique, Machete tente de mettre fin aux agissements d’un chef de cartel. Un narcotrafiquant très méchant, puisque c’est Steven Segal, qui arbore un katana et une queue de cheval et qui décapite la femme de notre Mexicain préféré. Caramba ! Machete disparaît alors de la circulation et refait surface de l’autre côté de la frontière. Il survit en bossant comme des milliers de journaliers mexicains et se voit un beau jour proposer un contrat : abattre un sénateur néo-con et raciste, croisement improbable entre George Bush et Hortefeux. Machete accepte, mais comprend qu’il est victime d’un coup monté. Une guerre va éclater entre immigrants chicanos, politiciens véreux et miliciens bas de plafond. Mais Machete l’avait déjà dit : faut pas faire chier le Mexicain !

Ecrit en 1993, juste après "Desperado", "Machete" est, à l’origine, une fausse bande-annonce intercalée entre le double programme "Boulevard de la mort" de Quentin Tarantino et "Planète terreur" de Robert Rodriguez.

Persécuté par ses fans et Danny Trejo, 66 ans, qui n’avait jamais tenu de premier rôle, Robert Rodriguez accepte deux ans plus tard de réaliser un long-métrage zinzin consacré aux aventures du Mexicain sévèrement burné et recycle les meilleurs plans de sa fausse bande-annonce. Sorte de grindhouse ultime (terme qui désigne les séries B des années 70), Machete est donc un hommage aux films d’exploitation, nanars ultra-violents, hantés par des machos excités du slip et de la gâchette.

Il sera donc ici question d’équarrissage divers et variés à l’arme blanche, d’affriolantes bimbos en mini-shorts et de dialogues vraiment top classe comme :

- C’est quoi ce truc long et dur ?

- Ma machette !

Faut que ça saigne ! Bourrin, déviant, plus bête que méchant, Machete est une grosse blague de très bon mauvais goût, mais peut se révéler incroyablement jouissif pour peu que l’on aime la boucherie ET les tacos.

Car l’idée de Rodriguez, c’est d’aller trop loin. Trop loin dans l’artifice cinématographique avec les zooms tout pourris, les split-screens improbables, les problèmes d’image et de son, les rayures de pellicule. Trop loin dans la violence, notamment quand Machete ouvre le bide d’un nuisible et se sert de ses intestins pour se balancer par la fenêtre. Trop loin dans le n’importe quoi, je pense à la baston finale entre les Mexicains et la milice de Don Johnson, affrontement géant absolument ridicule sur un parking, avec trois figurants grimaçants qui regardent la caméra et des acteurs en roue libre.

Ponctué de répliques impayables (« Machete don’t text  »), "Machete" offre un tour de grand-huit à de vieilles badernes sur le retour comme Steven Seagal, Tom Savini, Cheech Marin ou Robert De Niro, qui semble s’amuser comme un foufou au milieu de ce délire pop. Côté féminin, Rodriguez nous régale avec Jessica Alba et Michelle Rodriguez, barbies ultra-sexuées armées d’énormes calibres. Comment y résister ?

Bande-annonce :


MACHETE : BANDE-ANNONCE VF HD
envoyé par baryla. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

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