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Bilan cinéma : le meilleur de l'année

1 Enter the Void

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Dans Tokyo, Gaspar Noé filme les errances de l’âme d’un petit dealer qui refuse de quitter le monde. Avec ce film-trip, hanté par le 2001 de Kubrick, Noé nous plonge dans un au-delà cinématographique, un monde hypnotique de sensations, de chocs, de sexe et de drogues. Le film est trop long, parfois bêtement provo, mais même en l’état, c’est meilleure virée dans le continent cinéma de l’année.

2 Outrage

Takeshi Kitano revient au film de yakuza et fait un carnage. Un sublime objet de mise en scène, un enfer géométrique où des personnages interchangeables maculent d’hémoglobine la toile du peintre Kitano.

3 Le guerrier silencieux

Emmené par Mads Mikkelsen, un groupe de Vikings découvre l’Amérique et la mort. Un chef-d’œuvre barbare, hypnotique et expérimental du réalisateur de la trilogie Pusher et Bronson.

4 Armadillo

Comment la guerre transforme les hommes en bêtes sauvages. Tourné comme un film de fiction, un documentaire exceptionnel sur une escouade de soldats danois en Afghanistan. Choc !

5 Des hommes et des dieux / Biutiful

Destination émotion avec deux poids lourds de Cannes. Le miracle Beauvois, son meilleur film, sur massacre des moines de Tibhirine. Et le voyage au bout de la nuit d’Iñarritu, où Javier Bardem, qui s’offre la performance de l’année, tente d’assurer l’avenir de ses enfants avant de mourir.

6 A Single Man

Pour son premier long-métrage, le couturier Tom Ford fait vibrer la pellicule, cite Douglas Sirk ou Wong Kar-waï et transforme l’ectoplasmique Colin Firth en un comédien magnifique, justement récompensé à Venise.

7 Oncle Boonmee

Dans la jungle thaïlandaise, un homme accompagné de fantômes s’engage dans son dernier voyage. Du cinéma hypnotique, immersif, magique. Une des plus belles Palmes de Cannes. C’est beau une jungle la nuit…

8 I love you Phillip Morris

Inspirée d’une histoire vraie, la cavale d’un escroc génial, incarné par le grand Jim Carrey, prêt à tout pour retrouver l’homme de sa vie. Le premier film, sensible et imparable, des scénaristes de Bad Santa.

9 Crazy Heart

Le dernier tour de piste d’un chanteur de country paumé et alcoolo. Un Oscar ultra-mérité pour Jeff Bridges, incroyable d’humanité, son meilleur rôle depuis The Big Lebowski.

10 Jackass 3D

Une succession de cascades débiles et dangereuses, de scènes dégueulasses et régressives. A consommer en relief et pour la première fois en France dans une salle où le public communie en hurlant de dégoût et de rire. Du très bon mauvais goût…

2010, la suite

Des bons films, il y en avait un paquet d’autres en 2010. En vrac, Fantastic Mr Fox, film d’animation drôlement élégant ; l’incroyable adaptation de la BD Kick Ass ; Mammuth, pour la résurrection du colossal Gégé ; Faites le mur !, le doc hilarant de Banksy ; The Social Network, qui confirme que Fincher n’est pas seulement l’homme du tic et du toc ; Scott Pilgrim, un drôle d’objet pop ; We are Four Lions, l’humour contre la connerie des terroristes ; A serious Man, comédie mélancolique des frères Coen ; l’hypnotique White Material de Claire Denis ; l’épileptique Green Zone ; Cellule 211, thriller espagnol électrisant ; L’Arbre, au charme envoûtant ; Anvil, un des meilleurs films sur le rock ; Buried, un exercice de style claustro ; L’Elite de Brooklyn, polar crépusculaire ; City of Life and Death, une œuvre magnifique et anxiogène sur le massacre de Nankin.

La reprise de l’année : Le Narcisse noir

Simplement un des plus beaux films du monde, dans une copie miraculeuse.

Les plus beaux plans de l’année :

La scène du lac des cygnes des Hommes et des dieux, le travelling d’ouverture d’Outrage de Kitano et la caméra qui s’élève doucement lors de la partie de pêche de Jeff Bridges et Robert Duvall dans Crazy Heart.

Les révélations de l’année

Jesse Eisenberg dans The Social Network, Thomas Dekker dans Kaboom, Aaron Johnson vu dans Kick Ass ou Nowhere Boy et la sublime Carey Mulligan, vue dans Une éducation et la suite de Wall Street.

La réplique la plus classe de l’année

« Je vais repeindre mon lino avec le jus de tes couilles ! »
Yolande Moreau dans La Meute.

A l’année prochaine !

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