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Tu seras mon fils : fond de cuve
T’as vu quoi cette semaine ?
Huuuuuum, Tu seras mon fils.
Putain, j’en étais sûr, t’as repris le crack !
Naaaaan, je t’explique. Je m’étais inscrit à une projo du film norvégien Troll Hunter, j’ai mal noté l’horaire et quand je me suis pointé à la salle, j’ai pas fait gaffe. J’ai salué gentiment l’attachée de presse, pris le dossier de presse et je suis allé m’asseoir. Dans l’obscurité, je découvre… Lorànt Deutsch. Lorànt Deutsch dans Troll Hunter ? Soudain, HORREUR, je comprends que je me suis planté et que je vais assister à la projo de Tu seras mon fils, avec, j’ose à peine l’avouer, Lorànt Deutsch et Niels Arestrup.
Lorànt Deutsch, une gueule de déshérité
Ca va, Arestrup est plutôt vachement bien chez Bertrand Blier.
Absolument, sauf que là c’est signé Gilles Legrand.
Et alors ?
Legrand est un auteur complet. Scénariste et réalisateur de Malabar Princess ou La Jeune fille et les loups, producteur de Micmacs à tire-larigot : que de la qualité !
C’est vrai que c’est pas tellement bandant…
C’est le moins qu’on puisse dire. Ici, Legrand fait dans le lourd : un père a t-il pour obligation morale d’aimer son enfant ? On se croirait dans une émission de M6.
C’est quoi le pitch ?
Legrand pose sa caméra dans les vignobles du bordelais. Et colle aux basques de Paul de Marseul, propriétaire d’un prestigieux vignoble à Saint Emilion. Il y a tous les clichés : l’homme amoureux de sa terre, de son vin, de son vignoble. Seule ombre au tableau, ce vigneron épicurien ne peut pas saquer son fils et devient dingue à l’idée que son rejeton débile lui succède. Quand on voit l’ectoplasmique Lorànt Deutsch, on comprend. Je te le déshériterais en moins de deux, celui-là.
Et alors ?
Bah pas grand-chose. Arestrup passe deux plombes à humilier ce grand con, à le rouler dans la merde. Comme il n’est pas dirigé, il roule des yeux pour faire comprendre qu’il est très méchant. Et quand il décide de faire du fils de son frère son héritier, Arestrup joue comme s’il allait lui rouler une gamelle.
Et Deutsch ?
Il est pitoyable. Tu te souviens de Guillaume Canet dans cette daube numérique de Vidocq ? Eh bien, il est aussi mauvais. Il est même mauvais quand il ouvre une porte ! Deutsch était exécrable dans Jean de la Fontaine, il est juste pathétique ici. D’ailleurs, au bout d’un moment, j’ai essayé de regarder autre chose que sa « performance » : les décors, des petits détails sur la vigne, l’étiquette sur les bouteilles de pinard, les voitures des personnages. Mais tout est laid, mal filmé, mal éclairé, cliché… Je ne sais pas où l’on est, mais sûrement pas au cinéma.
Arestrup plus fort que De Niro
Rien à sauver, donc ?
Si ! Pour camper le vigneron amateur de grands crus, Niels Arestrup s’est laissé pousser un bide de 50 kilos ? Plus fort que Bob De Niro dans Raging Bull !
Je t’arrête, je l’ai vu faire – très mal – sa promo hier au JT de France 2, il n’avait pas dégonflé, il est vraiment comme ça…
Ouuuups, autant pour moi.
Tu seras mon fils de Gilles Legrand avec Lorànt Deutsch , Niels Arestrup, Patrick Chesnais, Anne Marivin.
Sortie en salles le 24 août




