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Bon courage président

L’été n’a pas fini de se consommer, la fatigue accumulée durant l’année de s’évacuer, la chaleur de baisser que se pointe déjà la rentrée. Et avec elle souvent, les soucis laissés sous le tapis avant les vacances de se repointer.

Le Premier des citoyens, sur ce plan là au moins, ne dépareille pas de ses administrés. Un livre Sarko m’a tuer, décrit ses méthodes de gouvernance et de discussion avec les opposants. Un autre opus décrit ses relations troubles avec un hommes d’affaires intriguant, Alexandre Djouhri. Mediapart dévoile jour après jours les liens du sarkozysme avec Ziad Takkieddine, businessman rival du précédent et spécialisé dans les ventes d’armement. Et Le Monde s’amuse à remonter le fil des surveillances téléphonique dont quelques uns de ses journalistes ont été l’objet de la part de la police, trempoline de la popularité de Sarko Ier.

Sur la ligne d’horizon point déjà une batterie de convocations judiciaires pour les responsables policiers, des proches du chef de l’Etat, des édiles politiques….Leur corrolaire ne manquera pas une avalanche de titre ravageurs dans la presse (y compris sur ce site), bien entendu entrecoupé de papier sur l’heureux évènement qu’attend le couple qui squatte l’Elysée.

Un peu de compassion pour l’Elysée

Pas la plus sereine des ambiances de travail, dont le chef de l’Etat ne manque pas. Eh oui, Bakchich a bien scruté le calendrier, décortiqué les textes, plonger dans les jurisprudences et ses vieux cours de droit constitutionnel, la Ve République est intraitable. Jusqu’à mai prochain, Sarko Ier demeure Kaiser. P-R-E-S-I-D-E-N-T.

Et là, notre modeste et taquine publication se prend d’un peu de compassion devant l’immensité de la tâche qui incombe au sommet de l’Etat.

Sauf à redécouvrir la roue ou faire deux à trois guerres par siècle pour relancer la machine à produire, un nouveau modèle de développement devient urgent à inventer.

De retour (ou pas) de vacances, les Français dégustent. Crise économique, coût et aléas de la rentrée scolaire, la période n’est pas à l’enthousiasme des lendemains qui chantent.

L’ Hexagone n’a pourtant jamais été aussi peuplé. Il paraîtrait même que nous le serons plus encore dans un futur proche et, demain, la première nation européenne devant l’Allemagne. Un jour peut-être les Français prêteront-ils leurs argent aux Allemands pour payer les pensions de leurs trop nombreux retraités parmi si peu d’actifs, un jour peut-être exigerons nous des voisins d’Outre Rhin qu’ils nous cèdent leurs marques de voitures et leurs forêts en garantie de nos prêts en franc ou en or ?

D’ici là, toujours plus nombreux, de plus en plus propriétaires et jamais trop prudent, nos grincheux concitoyens s’inquiètent pour leurs bas de laine. Pas pour leur livret A évidemment, plutôt pour leurs Sicav et leurs assurances vie, indexées sur une bourse dont la chute prélude la fin d’un modèle de société.

Le Président et le troupeau français

Dans les décombres, le chauffage est déjà assuré. Avec la guerre en Libye, au moins le chef de s armées ( si si c’est lui) a en partie essayé de résoudre ce souci. Pour peu que la victoire soit définitivement acté, sera garanti aux portes de Marseille et en abondance, un pétrole dont tout un chacun sait qu’il est de bonne de qualité. La fin de votre premier mandat se soldera sans doute par l’entrée de la France à l’OPEP. Quel flair présidentiel ! A croire que les avions renifleurs ont enfin vu le jour !

Demeure la question essentielle à trancher : la suite ? Le gentil président va-t-il accompagner le troupeau Français, chicotte en main et chien aux pieds, en bon berger, vers la boucherie annoncée ? Ou alors engager des changements majeurs, aménager le capitalisme (puisque c’est de son bord) de façon durable et écologiquement responsable ? Bref acter de prendre une autre voie !

Sarko tient le manche

Et auquel cas, vers où aller, quels seront les efforts demandés et par qui et pour quels bénéfices et pour qui ? Le Fouquet’s, ses amis, toujours et encore ?

En fait, le boss de l’Elysée a-t-il quelque chose à proposer ? Une vision un peu moins étriqué que des débats d’épiciers quant à la TVA sur la restauration, les parcs à thèmes, les boissons sucrés ou les quelques milliards de niche fiscale en plus ou en moins que l’on essaie de présenter au troupeau français comme les enjeux essentiels de notre siècle ?

Avant mai 2012, Sarko a encore le manche entre les mains, d’aucuns diront le gourdin, qu’il sait manier avec entrain. Avec les moyens de l’Etat et l’énergie qui lui est propre, le petit père du pouvoir d’achat-cha-cha a encore quelques mois pour épater. Voire engager les grands chantiers propres à assurer l’avenir des prochaines générations et sa biographie dans les meilleurs ouvrages d’histoire contemporaine.

Après l’élection ? Sans doute encore si la Gauche continue à se déliter. Le PS a hésité à voter le rigueur, la règle d’or budgétaire et naviguera à vue longtemps après avoir ramassé ses lambeaux de primaire. Seul candidat de gauche restant Mélenchon ne va pas grapiller beaucoup de voix à la droite. De l’autre côté de l’échiquier, Marine Le Pen souffrira encore longtemps (et c’est tant mieux) de sa filiation. Quant à l’ex ami et ministre d’Etat de Sarko Jean-Louis Borloo, les amicales pressions élyséennes devraient finir de le convaincre de renoncer à se présenter.

Alors, bon courage président…ou bon vent !