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Balladur: question pour une maison
En marge de leurs investigations sur le financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995 – où de très considérables sommes d’argent liquide ont circulé -, les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke s’intéressent, comme l’a récemment révéléL’Express, au patrimoine immobilier de l’ancien Premier ministre et de son épouse. Plus particulièrement , les deux magistrats s’interrogent sur l’acquisition, il y a quinze ans, d’une luxueuse propriété en Normandie.
Les juges veulent revoir la Normandie
Premier acte : le 13 juin 1996, Marie-Josèphe Balladur achète à Tourgeville (Calvados) - non loin de Deauville, où elle possède déjà une villa – un ensemble « consistant » principalement, dit l’acte de vente que Bakchich a pu consulter, en « une propriété comprenant treize pièces » [1] dont la cuisine est équipée de « divers meubles et objets » [2] d’une valeur de « 30.000 francs » (4.580 euros), et à laquelle s’ajoutent « un bâtiment contenant chaufferie, une pièce, salle d’eau, W.C. », deux « garages attenant à ce bâtiment », et « une piscine carrelée (…) avec plage carrelée de 200m2 environ » [3] .
Ballamou paie comptant
Prix total : « 7.300.000 francs » (1.114.503 euros), que « l’acquéreur », précise l’acte de vente, paie « comptant ».
Deuxième acte : neuf ans plus tard, le 28 février 2005, Marie-Thérèse Balladur revend cette propriété à un directeur de sociétés de l’Eure et à son épouse pour 1.735.000 euros devant un notaire de Laval - et réalise donc une confortable plus-value de plus de 620.000 euros.
Troisième et dernier acte, peu connu : le 20 mai 2005, trois mois après avoir cédé Tourgeville, les époux Balladur fondent à Paris la Société civile de Tourgeville - une « société civile de portefeuille » dont l’objet, précisent ses statuts, est d’assurer à l’un de leurs fils, qui a des problèmes de santé, « un revenu garanti sa vie durant » [4], et dans laquelle Marie-Josèphe Balladur semble avoir réinvesti l’essentiel de sa plus-value immobilière, puisqu’elle a fait au capital initial de la société de 550.000 euros (sur un total de 554.000 euros).
Ces deux derniers épisodes n’entrent pas dans le cadre des investigations des juges Le Loire et Van Ruymbeke, qui souhaitent seulement établir la provenance des fonds ayant servi à payer l’achat de 1996 : Édouard Balladur, quant à lui, a expliqué à L’Express qu’il était disposé à produire « tous les éléments explicatifs » relatifs à ce qu’il appelle cette « pseudo-affaire de maison ».
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