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Plaintes et complaintes d'un lieutenant de DSK
Corse, Strauss Khanien, donc forcément suspect. Voire coupable. L'antienne du députe maire François Pupponi, débité auprès du Parisien, de Corse Matin et de Nice Matin cette semaine n'a pas tous les attraits de l'originalité. C'est peu ou prou l'argumentaire qu'ont déroulé Jean-Noël et Alexandre Guérini, avant leurs mises en examen dans le vaste dossier Guernica, qui agite Marseille depuis deux ans, et sans doute pour de longs mois encore.
Dans le complexe dossier du Cercle Wagram, François Pupponi n'est pas mis en examen; seulement accusé par un des employés de la mairie de Sarcelles lié à l'établissement de jeux, de l'avoir menacé au nom du grand banditisme, comme l'a révélé Bakchich. Elucubration d'un «mythomane»? «Complot»? Volonté d'abattre le maire, comme ce dernier l'avance?
Un supplétif pour menaces sous conditions
Les différentes auditions ont paru suffisamment crédibles au juge Tournaire, en charge du dossier, pour perquisitionner le bureau, la permanence, et le domicile de la mère de l'élu en Corse. Malgré ses dénégations, et son audition par les services de police le 26 septembre dernier, un réquisitoire supplétif pour «menaces sous conditions» a été délivré au juge par le parquet de Paris le 6 octobre dernier.
«J'attends toujours d'être convoqué par le juge pour qu'on me dise ce qu'on me reproche vraiment», clame-t-il. Son souhait pourrait être exaucé dans les prochaines semaines, une fois que le magistrat en aura fini avec divers procès d'assises. Alors l'élu pourra-t-il s'expliquer avec peut-être un peu plus de précisions sur ses relations avec les patrons du Cercle Wagram, à commencer par Philippe Terrazzoni, mis en examen et écroué pour extorison de fonds et blanchiment en bande organisé depuis juin. Et affiner sa version.
A Corse Matin et au Parisien, Pupponi déclare qu'il s'agit d'un ami de 30 ans, qu'il croise au village en Corse, à Sarcelles, et quelques fois au Cercle. Charmante et bucolique présentation, venue après moults dénégations. A Bakchich, M. le maire avait commencé par indiquer qu'il ne connaissait que peu Terrazzoni, qu'il ne fréquentait pas le Cercle de jeux, qu'il était étranger à toute cette histoire.
Des amis de trente ans
Les divers témoignages recueillis par Bakchich, et les PV établis par les enquêteurs, laissent à penser que si M. Pupponi n'était pas joueur, il a passé beaucoup de temps au Wagram, en compagnie de son ami de 30 ans Terrazzoni. Mieux, le Cercle a servi à quelques uns de ses rendez-vous professionnels, notamment pour embaucher des gens à son cabinet ou définir une stratégie électorale.
Interrogé sur Bernard Squarcini, patron de la DCRI cité dans l'affaire du Wagram pour s'être inquiété de la garde-à-vue et l'interrogatoire de la barmaid du Cercle,François Pupponi a eu cet étrange répartie. «Je l'ai rencontré deux fois dans ma vie. Il a beau être corse, il est surtout l'un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy.»

Pupponi pas si loin des réseaux policiers...
Vexant pour le Squale. Comme si connaître un grand flic était insultant... «J'ai toujours fui les réseaux policiers. Et je m'en méfie encore plus aujourd'hui.» Pourtant, des échanges de messages laissent à penser que l'ex M. sécurité de Martine Aubry s'est passionné pour les flics. Au point de prendre attache avec Roger Marion, ancien chef de l'anti-terrorisme, désireux d'aider Strauss Khan pendant la campagne. Avec dans le rôle de l'entremetteur, Paul Canarelli,influent promoteur touristique de l'Ile de Beauté et propriétaire de deux joyaux, les bergeries de Murtoli et l'hôtel Cala Rossa où barbotent dans la même eau famille de politique, de people et de voyou.
Au cours de son interview à Corse Matin, François Pupponi lâche une dernière perle.
La Sisis a travaillé 7 mois à Sarcelles
Sur la présence d'une société de sécurité lié au grand banditisme et au clan Fédérici, la SISIS, comme prestataire de la mairie de Sarcelle, le maire assure. «Des offres de gardiennage à Sarcelles, j'en ai 150 par jour. De Corse, pas de Corse, de banlieue, pas de banlieue. En 2006, des jeunes avaient été virulents et les services compétents ont trouvé cette société qui a répondu à un appel d'offres et voilà. Ils n'ont pas travaillé très longtemps. Le contrat n'a pas duré plus de quelques semaines. Je ne savais pas qu'elle était liée au grand banditisme. Cette information est sortie sur la base d'un document volé dans les archives de la mairie. Nous avons porté plainte Il y a des complicités internes…» (ndr: Malgré nos sollicitations, par courriel et par téléphone, l'avocat de M. Pupponi n'a pas pu nous donner de précisions sur la date ou la teneur de cette plainte, ni sur les autres plaintes que M. Pupponi assure avoir déposé pour faux témoignage, dénonciation calomnieuse et diffamation.)
Pas très prudent, ni très précis. Selon les documents consultés par Bakchich, ce n'est pas pour quelques semaines mais bien durant plusieurs mois que le maire a eu recours à cette société. De décembre 2006 à juin 2007, la Sisis, «dirigé de fait par le grand banditisme», selon le vice-procureur marseillais Marc Rivet dans son récent réquisitoire sur le cercle Concorde, a travaillé pour la mairie. Et plus précisément à la protection du cabinet du maire. A consulter les factures de la société de sécurité et de la mairie, ceux ci s'apparentent plus à des marchés à bon de commande qu'à des résultats d'appels d'offres….
Quant au vol de documents, le député maire socialiste ne souhaite tout de même pas enquêter sur les sources des journalistes? Les derniers à avoir essayé ont rencontré de menus soucis.
Sans doute ferait-il mieux de réviser avant de rencontrer le juge...Quitte à faire de nouvelles interviews!
A lire ou relire sur Bakchich, les précédents épisodes les Mystères du Wagram
Episode I
Episode II
Episode III
Episode IV
Episode V
Episode VI
Episode VII
Episode VIII
Episode IX
Feu le Cercle Wagram brûle encore
Si l'établissement de jeux parisien a été liquide, le dossier judiciaire du Cercle Wagram n'a pas fini de faire
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