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Total Kheops à Marseille

Les armes de guerre dans les cités marseillaises ne sont pas une nouveauté. Ni leurs manipulations. Criminelles et politiques.

Rassurez vous, bonnes gens, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant veille. Après son algarade sur les progrès de la sécurité à Marseille, la semaine même où trois fusillades à l'arme lourde (mais au butin ridicule) éclatent dans la plus belle ville du monde, Guéant a remis le couvert. Et promis que «nous irons chercher les armes dans les cités marseillaises». Avec autant de résultats que lors de l'opération Brennus, lancée en novembre 2010, déjà après des fusillades à la Kalach?

 

La Guerre est déclarée

 

Depuix deux ans, chaque année, un patron de la Place Beauvau descend à Marseille avant les fêtes, et la mitraille résonne. Hasard malheureux. Mais cette année, nouveauté, le président de la République Sarko Ier a posé les pieds sur le Vieux Port: 

 

 

- Pour aller s'enquérir de la situation de l'OM, tâche dont Bernard Squarcini, patron de la direction centrale du renseignement intérieur s'occupe habituellement.

 

- Pour visiter le policier blessé à Vitrolles, dont l'annonce du décès a été faite par le Squatter de l'Elysée. Mauvais présage? «Franchement, j'avais vu les radios, a confié à Bakchich un médecin marseillais le 29 novembre dernier. Il n'avait plus aucune chance sauf miracle. Il faut imaginer les dégâts causés par une balle de 7.62 dans le crâne.» L'annonce du décès par le Président soulève d'ailleurs bien des questions dans le petit monde policier, comme le souligne le site  Plume de Presse.

 

- Pour une nouvelle vague de promesses, et dans sa hotte de Père Noël, une promesse de lendemains qui tonnent. La BAC du département aura de quoi répliquer à la Kalachnikov. Avant la fin de l'année, un lots de fusils à pompe leur sera livré. Et tant pis pour ce gradé de la police marseillaise qui a confié à Bakchich «que le plus malin ce serait de renforcer la PJ pour bosser sur les réseaux d'acheminement d'arme, mais on nous demande de faire du chiffre». Bref, dans les prochaines semaines, ce sera calibres contre calibres entre flics et voyous. Ambiance garantie pour les fêtes. Surtout si la porosité des services de police n'est pas résorbée.

 

 

 Des armes dans les cités en 1995

 

Les faits divers marseillais ne provoquent pas seulement la descente de hauts personages de l'Etat. Ils provoquent aussi une hausse d'articles souvent très bons sur les armes de guerre présentes dans les cités. Un phénomène pas franchement récent…. Puisque certains en parlaient il y a déjà 16 ans.

 

«Il venait d'ouvrir une caisse. Un vrai arsenal. Flingues en tous genres. Munitions pour tenir un siège […] Les armes c'était depuis six mois. Son boulot c'était d'en fourguer à quelques potes qui avaient vraiment des couilles».  La scène se déroule cité Bassens, dans les quartiers Nord de Marseille en 1995.  Elle est décrite sous la plume de feu Jean-Claude Izzo, ex journaliste à la Marseillaise, romancier, et auteur de la trilogie Fabio Montale. Bref, un amoureux et un connaisseur de Marseille. Qui avait sa petite idée, légèrement parano et complotiste, sur la provenance des armes de guerre. Et l'utilité d'en inonder les quartiers Nord de Marseille.

 

 «Y pensent qu'ils vont nettoyer Marseille. Y rêvent de foutre le feu à la ville. D'un grand bordel qui partirait des quartiers Nord. Des hordes de jeunes se livrant au pillage. C'est Wepler (ndr: ex militaire devenu pilier de l'Extrême droite dans le roman) qui s'occupe de ça. Ils s'appuient sur les dealers et leurs réseaux. Eux ils doivent faire monter la pression, paraît qu'ils sont chauds. La violence d'un côté. La peur,  le racisme de l'autre à l'autre bout. Avec ça ils espéraient que leurs copains fascistes arrivent à la mairie. Et ils seront peinards. Comme du temps de Sabiani, le tout puissant adjoint au maire, ami de Carbone et Spirito, les deux grands caïds de la pègre marseillaise d'avant guerre. Ils pourront faire leurs affaires.»

 

Pourvu qu'Izzo ne devienne pas le Cassandre du Port.

 

 

 

 

 

Xavier Monnier