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Thierry Gaubert, la classe internationale
L'ex conseiller de Sarko Ier n'est pas que l'ancien propriétaire comblé des établissements Nibar et Nichon en Colombie. C'est aussi un homme aux bonnes manières éprouvées, divorce à l'appui...
Ce n'est pas parce que l'on souffre d'une triple mise en examen (dans le 1% logement, dans le volet financier du dossier dit Karachi et pour subornation de témoin) que l'on oublie pour autant les bonnes manières. Ainsi, par l'entremise de son avocat, Thierry Gaubert a pris soin de signifier le 25 novembre dernier, à son ancien dulcinée, Hélène de Yougoslavie, la date de l'état des lieux de sortie de son appartement : le 30 novembre. Soit cinq jours avant.
Une attention touchante comme peuvent en être émaillés les tumultueux divorce et un délai poliment qualifié de «court» par les avocats de Mme Gaubert, femme au foyer sans ressources, pour plier les gaules avec son fils et trouver un autre point de chute. Aussi, l'un des témoins clé du volet financier de l'Affaire Karachi occupe-t-elle encore aujourd'hui les lieux. Et la belle Hélène qui fait trembler la Sarkozie d'en être réduite à un statut de simili-squatter.
Une mesure de rétorsion? Bien sûr que non...
« Elle s'est tirée une balle dans le pied, grince l'entourage de Gaubert. En témoignant auprès de la police, elle a plombé son mari, a provoqué son licenciement des Caisses d'épargne et encore compliqué la procédure de divorce». Charmant.
Séparé depuis plusieurs années, le couple Gaubert a vu sa rupture un brun médiatisée au sortir de l'été. Médiapart scande sa saga Takieddine, les relations coupables entre -soyons polis- l'homme d'affaires spécialisé dans l'intermédiation sur les contrats d'armement et la galaxie présidentielle….avec en toile de fond l'éventuel financement via des rétro-commissions de la campagne de Balladur en 1994-1995. Derrière les avancées décisives de l'enquête une femme déjà, Nicola Johnson Takieddine, en pleine procédure de divorce, qui révèle aux policiers l'étendue de la fortune, des amitiés et des méthodes de son ex.

Dans la foulée, un témoin mystère dévoile des passages d'argent vers la Suisse. C'est Hélène Gaubert, en plein divorce elle aussi, qui met le feu à la Sarkozie. Son mari a longtemps été le «Sganarelle» de Sarko Ier, demeure un proche, un ami d'Hortefeux etc. Avant même que son nom sorte dans la presse, son mari, prévenu par l'ami Brice, lui met la pression, lui demande de se taire sur ses doucereux investissements colombiens découverts par la justice, décrits par Mediapart. A croire que la blonde n'a pas bien compris...ou que son côté vénal n'est pas si développé que certains le pensent.
Qu'importe après tout, Gaubert, un temps propriétaire de Nibar et Nichon, établissement de nuits colombiens aux noms qui évoquent les jeunes filles en fleur, ne se départit jamais d'urbaines manières.
Une plainte pour faux
contre l'ancien patron du Nichon
Ainsi le 4 juin dernier a-t-il envoyé au propriétaire d'un ancien logement d'Hélène, un accord pour régler les impayés du loyer dont il était caution solidaire. Seul petit souci, il a signé en lieu et place de sa femme, imitant même sa signature. Hélène a eu la surprise de découvrir ce document le 21 novembre dernier, à la veille d'une audience devant le tribunal d'instance du 17e arrondissement de Paris… Son ancien logeur l'a assigné justement pour impayés et a produit ce document en signe évident de sa mauvaise foi.
« C'était pour lui rendre service», plaide l'avocat de Thierry Gaubert, Me Jérôme Bourcican «il a dû vouloir trouver un accord avec le bailleur». Une ligne de défense à creuser pour le nouveau dossier Gaubert: sa femme a aussitôt porté plainte pour faux et usage auprès du parquet de Nanterre.
L'enfer de Gaubert est pavé de bonnes manières….



