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Wagram, le Cercle d'enfer de Pupponi
Prévu ce 17 janvier, l'audition du député maire de Sarcelles par le juge Tournaire, en charge de l'enquête sur le Cercle Wagram, a été reporté sine die. Bakchich retrace le chemin qui conduit le bras droit de DSK au pôle financier.
2011, annus horribilis pour François Pupponi. En mai, le patron DSK se fait serrer par la police New Yorkaise. Puis Tristane Banon porte plainte. Et l'ex favori de la primaire socialiste se voit mêler à l'affaire de proxénétisme qui réchauffe les nuits lilloises. Destin politique brûlé. Et son fidèle adjoint, l'héritier de son royaume de Sarcelles n'en mène pas large.

En septembre Bakchich dévoile qu'un de ses salariés à la mairie du Val d'Oise assure avoir été menacé par François Pupponi. Le tort de l'employé ? Etre le beau-père d'une des salariés du Cercle Wagram, un établissement de jeux parisiens où deux bandes corses s'affrontent. Le 19 janvier, les héritiers de feu Richard Casanova, figure décédée du gang de la Brise de mer, chasse les hommes d'Angelo Guazelli, ponte survivant du gang bastiais. Dans le clan des chassés, la belle fille de l'employé de François Pupponi. Selon son témoignage, corroboré par celui de sa femme et de sa belle-fille, le député l'a convoqué dans son bureau. Et lui a gentiment expliqué «que sa carrière […] serait compromise et qu’il était porteur d’un message des gens du grand banditisme qui venaient de reprendre le cercle. Le message étant qu’il devait faire attention lui et sa famille et que Teresa ne devait plus envoyer des lettres dénonçant ces faits à des tierces personnes».
Un réquisitoire pour menaces
sous conditions
Dans un premier temps, l'élu nie farouchement. Arguant qu'il ne connaît aucun des protagonistes du Wagram, qu'il n'a jamais mis les pieds dans un établissement de jeux, que c'est un monde que ce monde là lui est étranger. Avant d'apporter de nombreux bémols devant l'évidence. Philippe Terrazzoni, mis en examen et incarcéré pour avoir participé au coup de force au Wagram s'avère un vieil ami, tout comme Michel Antoine Ferracci ou Frédéric Graziani, acteur de la série Mafiosa, habitués de Sarcelles et du Cercle Wagram. Cela ne fait pas de Pupponi un coupable ou un chef mafieux. Mais les témoignages des différents protagonistes ont paru suffisamment crédibles aux enquêteurs pour que ses bureaux à la mairie, à l'assemblée nationale et en Corse souffrent d'une perquisition le . Un réquisitoire supplétif pour menace sous conditions, en date du 6 octobre, rend sa convocation devant le juge Tournaire inéluctable, malgré son report du jour.
La sécurité du maire dans le viseur
«J'ai payé le fait d'être corse et proche de DSK», a-t-il assuré lors de sa tournée de médias, auxquels il a sans rencontré trop de contradiction, servi la version d'un complot visant à l'abattre. Et assurer qu'il n'avait rien à voir avec le grand banditisme. Ou si peu.
Si l'élu n'a rien à voir avec le grand banditisme, le grand banditisme s'est bien immiscé dans la mairie de Sarcelles...pour en assurer la sécurité! De décembre 2006 à juin 2007, la SISIS, société de sécurité dirigé de fait par le clan Fédérici, l'un des gangs en vue de la voyoucratie insulaire, a bénéficié d'un marché public (à bon de commande) de plusieurs dizaines de milliers d'euros en vue de protéger le cabinet du maire. Sans appels d'offres.
Des prestations qui intéressent si fort les enquêteurs qu'ils ont réquisitionné les services municipaux afin de se faire communiquer toute une liste de marchés . Histoire de vérifier si le code des marchés a été respecté... Un autre sujet de discussion entre le juge et l'élu.
Et une année 2012 qui ne s'annonce pas pour Pupponi sous de meilleurs hospices que 2011...
Papier modifié à 14h23 après confirmation du report de l'audition de M. Pupponi







