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Eurotunnel : Nicolas Miguet dans ses petits souliers

L'aspirant candidat à la présidentielle se voit légèrement tancer par la justice pour son rôle dans l'introduction d'une plainte contre la société du tunnel sous la Manche.

 

 

La décision est tombée sans éclabousser personne, et surtout pas Eurotunnel, tout à ses propositions de reprise de la compagnie Seafrance. Ciblée par une instruction pour abus de pouvoir, présentation de comptes infidèles et fausses informations, la société du tunnel sous la Manche (et ses dirigeants) ont bénéficié d'une ordonnance de non-lieu le 16 janvier de la part du juge d'Huy au bout de 12 mois d'enquête.

 

Des investigations au cours desquelles la tâche la plus ardue a été de comprendre ce que désiraient les milliers de plaignants. «A compter du 12 janvier 2010, environ 2250 porteurs de titres Eurotunnel se constituaient parties civiles sur le fondement d'une plainte type, ni motivée, ni justifiée en violation des principes posés par l'article 86 du code de procédure pénale (…) Cette plainte type dénonçait de façon confuse différents faits, pour certains prescrits, s'étant déroulés à compter du plan de sauvegarde de la société Eurotunnel arrêté le 15 janvier 2007», décrit l'ordonnance de non lieu que Bakchich a pu parcourir. Une nouvelle étape dans la trépidante vie financière du «Channel», qui avait, doux euphémisme, laissé de côté les petits porteurs qui ont vu 5 milliards de leurs petites économies englouties sous la Manche… Voire un peu plus pour ceux qui ont porté plainte, à en croire les enquêteurs.

 

Une plainte, une adhésion

 

La direction nationale des enquêtes financière (DNIF) n'a pas mis bien longtemps à comprendre ce qui avait poussé les 2250 plaignants à pondre une missive.  «Les quelques auditions réalisées n'apportaient aucun élément sur le fond, les personnes entendues étant incapables de se détacher du document type, ignorant en réalité tous les détails de l'affaire (…] En revanche, la source de cette plainte type pouvait être identifiée grâce à la remise par certaines parties civile de documents à en-tête de l'Arare (Association pour la représentation des actionnaires révoltés)», l'un des nombreux joujoux de l'agitateur Nicolas Miguet. La cinquantaine rondouillarde, cet éternel aspirant à la présidentielle se veut de tous les combats contre le système -qu'il gêne, ce qui explique ses petits soucis avec la justice dans les années 90 comme l'a décrit Rue89-, les grands financiers, les grosses sociétés flouant les petits actionnaires,.…«L'Arare, créée en 2005 afin de prétendument défendre les intérêts des petits porteurs (…) promettait à ses adhérents le remboursement des sommes soutirées par les banksters.»

 

Et pour l'aider dans son combat, il fallait bien sûr verser une obole, avant de toucher évidemment le jackpot grâce à son action. Une sorte de sorcier blanc multiplicateur de billets. 

 

Au cours de leurs recherches, les policiers ont ainsi découvert des courriers, «répondant aux impatiences légitimes des adhérents de l'association devant l'absence de tout résultat judiciaires» dans lesquels Nicolas Miguet demandait un renouvellement de leur adhésion...

 

Parties civiles instrumentalisées

 

«Ces éléments démontrent à quel point les parties civiles ont été instrumentalisées par le président de cette association (…) dont le président déployait une énergie considérable pour les maintenir dans la croyance d'une large indemnisation judiciaire, tout en appelant à des versements de dons, en sus de cotisations étrangement variables», s'emporte même, dans son réquistoire du 15 novembre dernier, le procureur Chantal de Leiris qui semble fort chafouin de constater que les plaignants,« contre un paiement conséquent (..) étaient ainsi poussés à dénoncer des faits prétendument constitutifs d'abus de pouvoir, de présentation des comptes infidèles et de fausses informations». De l'endoctrinement que Nicolas Miguet pourrait bien se voir reprocher par la justice? 

 

 

Prévenant, l'avocat de Nicolas Miguet a écrit au juge d'instruction afin de nier toute instrumentalisation, et avancer que l'association, en aidant les plaignants n'a rempli que son objet. La missive a semblé agacer un chouia le juge d'Huy. «Jusqu'au stade même de leur auditions par des services de police et de gendarmerie, les plaignants recevaient des instructions sur la démarche à suivre, tel qu'il ressort d'un document en date du 26 juillet 2010, signé de M. Miguet». Des instructions d'autant plus facilitées que la plupart des plaignants avaient le même avocat que l'éternel aspirant candidat...