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Procès Kerviel : La Société générale plaide l'incompétence

 

 

La Société Générale, quitte à passe pour une buse, continue à assumer son incompétence à pouvoir contrôler ses traders… Dont Jérôme Kerviel.

 

 

Jeudi 21 juin : La cour poursuit l’audition des témoins auxquels est consacrée la journée. 

 

David Koubbi l’avocat de Jérôme Kerviel, va tirer aujourd’hui ses ultimes cartouches avant les plaidoiries. Souffrant d'une hernie, il se déplace avec une canne, façon Docteur House, ainsi qu’avec la ceinture de biker américain indispensable en cas d’usure prématurée de la colonne vertébrale. 

 

Trop tard sans doute trop tard pour susciter la compassion de la Présidente qu’il a singulièrement exaspéré jusqu’à présent. Mireille Philippini fait des efforts louables pour masquer ses sentiments envers l’avocat de Kerviel trop atypique à ses yeux ; D’autant que le magistrat Mireille a bûché son affaire et aime à le faire savoir, laissant finalement peu de place aux débats. 

 

 

C’est d’abord Angel Galdano qui s’y colle à la demande de la défense. Il vient donner des précisions sur l’explication de gravure qui l’a opposé à Moussa Bakir au sujet des 50 à 60 000 contrats Eurostoxx, soit plusieurs milliards d’euros qui avaient la fâcheuse tendance à dormir trop longtemps sur le compte du broker favori de Kerviel chez Newedge ex-Fimat, à qui il a d’ailleurs rapporté pas mal de money money money. 

Même si l’homme a eu besoin d’un coup de pouce des Prud’hommes pour les encaisser. 

 

La marchandise en question aurait du être traitée en temps réel au lieu d’atterrir sur un compte normalement destiné à enregistré les erreurs de trading. Pourquoi ? S’efforce de clarifier la défense. Trop de boulot, répond l’autre.

 

 Trop simple surtout, voire simpliste. Qu’importe.  Sans qu’on le voit arriver, les débats ont fini par banaliser l'invraisemblable. Et Kerviel risque d’y laisser des plumes : « la Société Générale était un client comme un autre ». 

 

Maître Koubbi laissera son témoin affirmer qu’on reçoit entre 500 et 1000 Emails par jour ; çe qui donne du crédit à la thèse simpliste de la banque selon laquelle, en surchauffe et en sous effectif, on peut laisser passer n’importe quoi.  

 

 

Werren met le buffet 

dans la tête de la SG

 

Jacques Werren suscite d’entrée la sympathie. Il témoigne aussi pour la défense. Ancien directeur général adjoint du Matif et dans la finance jusqu’au cou, il n’est pas du genre à gober la thèse de la Soc Gen, et il ne se prive pas de le dire . On comprend qu’il a pris part à la création de la salle de marché d’Althus Finance qu’il ne nomme pas. On comprend un peu pourquoi : il y était aussi question « d’un Mozart de la Finance».

 

 Le petit homme a une thèse hardie qui colle comme un gant à celle soutenue par la défense. « J’ai pu expliquer ce que je faisais à ma mère, je pense donc pouvoir expliquer mon point de vue à la Cour » indique-t-il faussement moqueur. 

 

La banque a dissimulé ses pertes sur les subprimes derrière celles de Kerviel ; un stratagème élaboré au niveau le plus élevé de la banque pour transformer des pertes  inavouables – et inavouées jusqu’en décembre 2007 – en pertes provoquées par un trader-fou. L’idée tiendrait debout (« concernant notre exposition à la crise des subprimes…Le  groupe est exposé, indirectement et de manière marginale, sur différentes activités… » se gaussait encore Daniel Bouton dans une interview au Figaro du 8 septembre 2007) s’il existait des preuves. 

 

«Mieux vaut être lamentable qu'impliqué»

 

« C’est une monstruosité de dire que la banque ne pouvait pas savoir. Il vaut mieux être lamentable qu’impliqué ». Hélas.  Le rapport Warren suggère donc à plusieurs reprises que la Commission Bancaire  aille mettre le nez dans les comptes de la SG en 2007…Un ange passe, à chaque fois.  

 

Maître Koubbi apporte un éclairage inédit et troublant sur la date choisie par la banque pour « découvrir » les agissements de Kerviel. 

 

Ce jour là, le profit accumulé par l’artiste devient nul et prendra la direction des abysses les jours suivants…  

 

Le cartable de M. Bouton

 

Vient ensuite le tour d’Arnaud Llinas, opérateur de marché à la SG depuis 2006. Il semble manifestement déstabilisé par l’avocat de la défense qui lui demande dans quelles conditions il est venu apporter son témoignage en faveur de la banque.  Isabelle Santenac, commissaire aux comptes au plus profond de la crise, vient fatiguer l’assistance par des considérations déontologiques du plus grand intérêt ; dehors, l’orage explose et la fête de la musique risque d’être plombée. Maître Koubbi lui demande si elle ne s’estime pas en conflit d’intérêt puisque payée par celle dont elle est supposée dire les comptes « fair and true ».  

 

Et puis viendra Daniel Bouton et sa sacoche de plage à liseré mauve, remplie a n’en point douter de faits et de chiffres du genre à mettre la tête de la défense dans le seau. Telles des assistantes de prod empressées, les avocats de la banque s’affairent pour lui tendre un verre d’eau, et une coupure de presse dont il souhaite faire lecture. Il s’offre son petit effet en déclarant avec une solennité feinte que Maître Koubbi vient d’admettre devant la Cour que son client – l’ex-terroriste – a fait des choses impensables. Touché mais loin d’être coulé, Koubbi se ressaisit de manière fort honorable.  

 

Le témoignage poignant de Vanina Germain précèdera celui du principal intéressé, Jérôme Kerviel, qui dit avoir toujours confiance en la justice de son pays. Faut-il qu’il soit vraiment de bonne composition.

 

 

 

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