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Voie Rapide: Rencontre avec Chistophe Sahr, Deuxième Partie

Le jeune réalisateur commence enfin le tournage de son premier long-métrage. Mais il n’est pas au bout de ses peines… Suite et fin de notre entretien avec Christophe Sahr.

 

Le tournage commence enfin en 2010.

C. S. : Pendant l’été. J’ai adoré la période du tournage, j’étais vraiment dans mon élément. Tout se passe  alors dans un bonheur absolu, malgré la rapidité. Il y a beaucoup de décors, des cascades de voitures, beaucoup de problèmes à résoudre, mais c’est la période la plus heureuse de ma vie. Je sais que je suis à la bonne place, que c’est ça ma vie : réaliser des films. Il y a eu bien sûr des moments de tensions, des engueulades, mais c’est normal sur un film.

 

Et avec les comédiens ?

C. S. : Cela a été difficile pour Johan, car il est de tous les plans et j’ai beaucoup exigé de lui. C’est devenu un peu conflictuel, mais aujourd’hui, quand il me parle du film, il en est très heureux. Mais en gros, tout le monde était ravi d’être sur le set.

 

Le film est tourné en été 2010, il sort cet été 2012 : que s’est-il passé encore pendant deux ans ?

C. S. : La post-production se termine en mars 2011, le film est complètement terminé. On le montre alors au distributeur qui avait montré de l’intérêt pour Voie rapide et là, il refuse de distribuer le film. C’est la cata, je n’ai plus de distributeur ! Ma productrice montre le film à plusieurs distributeurs, qui déclinent. En juin, nous apportons le film à Epicentre, mais en septembre, ils laissent tomber l’affaire. Le désespoir commence, je n’en peux plus, le film risque de rester sur une étagère, de ne jamais sortir ! Début décembre, Epicentre revient à la charge, grâce à leur programmatrice, Jeanne Roger. Elle adore le film et parvient à convaincre le patron d’Epicentre de le prendre. Début janvier, j’apprends qu’ils acceptent de le distribuer, alors que je suis dans un état d’épuisement extrême.

 

Nouveau Départ

Le film se remet à exister.

C. S. : Jeanne Roger fait un boulot formidable. Je refuse la sortie en octobre et je préfère l’été, pour qu’il y ait moins de concurrence avec les films de Cannes.

 

Pourtant, tu as Batman en face.

C. S. : Mon problème, ce n’est pas Batman, même si le film sort dans plus de 800 salles et ne laisse de place à personne. On ne boxe vraiment pas dans la même catégorie. Le problème, c’est plutôt un film d’auteur comme A cœur ouvert de Marion Laine, avec une star, Juliette Binoche. Les premiers retours de la presse sont enthousiastes. Le critique de Première, Bernard Achour, m’a appelé pour me dire qu’il a été bouleversé. Après toutes ces années, cela me fait chaud au cœur de savoir que j’ai réussi à transmettre une émotion. Je montre le film dans des festivals, lors d’avants-premières et j’ai des retours formidables.

 

Dans combien de salles sort le film ?

C. S. : Je ne le saurai que lundi matin, soit deux jours avant la sortie. C’est du délire ! Le parcours du combattant est sans fin… Jeanne Roger continue de se battre pour que les salles prennent le film. Les seuls qui donnent des réponses fermes et définitives sont les gros exploitants comme UGC ou Gaumont.

 

Combien de copies ?

C. S. : 35. Je vais continuer à accompagner le film en province jusqu’en septembre. Epicentre est très content pour l’instant et s’occupe très bien du film. La critique nous soutient et le film existe dans la presse, grâce au boulot formidable de Robert Schlockoff, l’attaché de presse.

 

Et un second long-métrage, ça te tente ?

C. S. : Voie rapide m’a confirmé dans mon désir, c’est ce que je veux faire, c’est ma vie ! J’espère seulement que ce sera moins long. Et il faut que j’en vive maintenant.

 

Dernière question, c’est quoi ta voiture ?

C. S. : (long silence). Mais je n’ai pas de voiture !

 

Si ton film fait 20 millions d’entrées comme Intouchables, tu achètes quoi comme voiture ?

C. S. : Une Ford Mustang noire modèle années 60, avec intérieur cuir rouge pour rouler sur les routes de Los Angeles !

 

Voie rapide de Christophe Sahr, avec Johan Libéreau, Christa Theret, Isabelle Candelier, Guillaume Saurrel.

En salles le 8 août