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De la Corse à Marseille, un tout petit Milieu

Petite illustration de la porosité ambiante entre grand banditisme, élus et industriels au sud de l'hexagone. En 2007, un membre des bergers-braqueurs de Venzolasca est arrêté avec une liste manuscrite de numéro de téléphone. Le premier nom inscrit est celui d'Alexandre Guérini.

 

 

En Corse les morts ne font pas que voter. Ils parlent aussi. Ou du moins les archives judiciaires se chargent d'honorer leur mémoire. 

 

Ainsi de Jacques Buttafoghi. Etiqueté porte-flingue et lieutenant d'Ange Toussaint Fédérici, «Santu» de son diminutif en Corse , leader de la bande des Bergers braqueurs de Venzolasca, Buttafoghi n'a pu assister à la condamnation en appel de son leader à 30 ans de réclusion pour son rôle dans l'affaire de la tuerie des MarronniersButtafoghi fait partie de la macabre liste des victimes de la guerre du milieu insulaire qui s'allonge avec une régularité effarante. Fauché le 19 novembre 2009, l'homme était mis en examen dans le dossier du Cercle Concorde à Paris, suspecté d'avoir été une des blanchisseuses du milieu corso-marseillais. Buttafoghi a surtout été arrêté avec Santu en janvier 2007, place de la Madeleine, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Farid Berrahma.

 

 

 

Quoique taiseux de nature, Buttafoghi a livré à son corps défendant une petite indication sur son relationnel. Pas de téléphone portable ni de répertoire dans ses effets. Mais quatre fiches bristol, remplies de numéros de téléphone, écrites à la main sans aucune rature  ont été retrouvées sur lui. Des numéros de membres de son clan, d'entrepreneurs, de maires de villages corses et de bon nombre de personnalités politiques. Un élément de plus pour démontrer la porosité existant entre grand banditisme, sphère politique et économique qui semble prégner en Corse… et sur le continent.

 

En tête de ce répertoire, un nom frappe. «Alexandre Guérini, Conseil Général Marseille, 06 XXX»(1). Le propre frère du président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini. Le même qui est mis en examen pour association de malfaiteurs, détournements de fonds publics, et corruption dans le tentaculaire dossier Guernica. Le même qui a trouvé un logement à l'ancien compagne et la fille de Bernard Barresi, durant la cavale de ce dernier. Le même qui est originaire de Calenzana (Haute-Corse), là ou Barresi a bâti une maison qui lui a valu bien du souci. Le même qui dément tout contact avec le grand banditisme devant les magistrats qui l'interrogent.

 

Les juges devraient peut-être se parler; ou au moins faire circuler leurs dossiers.

 

(1) Ni Alexandre Guérini ni son avocat n'ont souhaité commenter l'information

 

 

 

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