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Foot: les arbitres trichent aussi
Voilà qui saura rapprocher les arbitres si décriés du championnat de France de Ligue 1-Orange (sic), des joueurs et entraîneurs qui conspuent leurs décisions à longueur d’année. Les hommes en noir trichent aussi. Et pourtant, les trois quart sont avant tout des agents de la paix. Raison non suffisante. Ces petits malandrins ont regardé leurs notes sans qu’on leur en donne l’autorisation. Après chaque match de championnat, les adeptes du sifflet reçoivent une note d’un contrôleur de la fédération de football professionnel, notes qui après tous leurs matchs sont compulsées dans un classement des arbitres. Avec à l’issue de chaque saison, remise de bulletin, promotion ou rétrogradation vers ligue supérieure ou inférieure, bons et mauvais points décernés. Tels de petits écoliers espiègles, quelques uns (une vingtaine d’arbitres en fait), n’ont pas eu la patience d’attendre la fin de la saison. Et se sont introduits dans le système informatique de notation pour consulter leur classement intermédiaire. Histoire de vérifier leur position, regarder celle du voisin et qui sait, en profiter pour émouvoir les contrôleurs. Façon « note moi bien sinon je vais me faire gronder »… Mignon tout plein non ?
Sauf que la fédération a porté plainte pour « intrusions illicites ». De telles pratiques s’avèrent gênantes pour la fiabilité du classement. Et la lenteur des instances à réagir à l’intrusion intrigue. Interrogé par l’AFP, le Président de la fédé, Jean-Pierre Escalettes, confie que le problème a été identifié dès février, sans être résolu. Mais « une enquête interne » a eu lieu. Selon les sources essorées par Bakchich, trois arbitres de Ligue 1 et trois de Ligue 2 ont été identifiés. Dont un monomaniaque qui a consulté « au moins 5 000 fois » les documents. Dans sa lettre aux arbitres datée du 3 juin, Escalettes enjoint tout un chacun à communiquer « tout élément d’information susceptible d’aider à l’avancement de l’enquête ». Pour piquer les copieurs, rien de tel que faire appel aux délateurs. La classe du football français est en plein chahut.



