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Sarkozy tacle les pontes du foot français
Encore toute retournée d’avoir bénéficié d’une erreur d’arbitrage pour se qualifier à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, la France du football ne s’est pas même rendu compte du dernier tacle de Nicolas Sarkozy à son encontre.
Le 30 novembre, à l’Élysée, le squatteur des lieux a fait chevalier de la Légion d’honneur un banni. Et a agrémenté l’épinglage d’un émouvant discours. « Je sais que vous n’allez plus sur les stades français tant que votre honneur ne vous sera rendu. Il l’est ce soir, au plus haut niveau de l’État. » Bigre.
Quel étrange bonhomme a ainsi reçu l’hommage du vice à la vertu ? Basile Boli, Thierry Henry ? Du tout, c’est Michel Vautrot, qui
présidait en 2003 aux destinées de l’arbitrage français.
C’est lui qui avait tenté, à l’époque, de régler le cas de Xavier Pettinato, alors attaché territorial du maire UMP de Nice, Jacques Peyrat. Se faisant passer, frauduleusement, pour un conseiller du ministre de l’Intérieur – un certain Nicolas Sarkozy –, Pettinato est accusé d’avoir, des années durant, bradé à toute une série d’hommes en noir officiant sur les terrains de Ligue 1, des téléphones portables, des micro-ordinateurs et des vêtements Adidas.
Une came vendue à un prix défiant toute concurrence. En guise de relais, Pettinato a utilisé l’arbitre Stéphane Bré, dont l’autre gagne-pain est d’être flic aux Renseignements généraux.
De quoi faire tiquer Vautrot. Surtout quand ce dernier apprend que Pettinato est déjà mis en examen dans une affaire d’escroquerie immobilière à Nice. Toujours en 2003, Michel Vautrot lance diverses alertes sur les louches activités du bonhomme. Étrangement, celles-ci ne trouvent guère d’écho. Ainsi son rapport remis à la fédération est-il gentiment mis au placard. Aimablement, on lui conseille même de ne pas s’occuper du cas Pettinato.
Démissionnaire en 2004, snobé par le foot français, Michel Vautrot a obtenu une première revanche. En septembre 2006, le scandale Pettinato éclate au grand jour, obligeant la Ligue de football à porter plainte.
Avec la breloque remise par le président Sarkozy, vient un deuxième but. « C’est un camouflet incroyable aux pontes du foot français par le chef de l’État ! » s’est réjoui l’ancien arbitre international auprès de ses amis, triés sur le volet. Aucun membre de la Fédération ni de la Ligue de football n’était présent, le soir du 30 novembre à l’Élysée.
À croire que le petit monde du foot français est définitivement fâché avec l’arbitrage. Depuis la tricherie de Thierry Henry, les opérations mains propres ont enfin la cote.
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