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Balafres judiciaires pour Ribéry

Les supporters marseillais pourraient en être ravis. L’ami Ribéry va refaire un tour sur le Vieux-Port. Las, ce n’est pas au Stade Vélodrome que le footballeur à la gueule cassée fera son retour dans la plus belle ville du monde. "Ti Franck" va bifurquer vers l’Evêché, le surnom du commissariat central de la ville. Prié de se rendre le 20 janvier prochain à une convocation en tant que témoin, pour une affaire qui traîne depuis deux ans et demi.

En cause : son départ de l’Olympique de Marseille vers le Bayern Munich moyennant une trentaine de millions d’euros à l’été 2007. Une masse de grisbi qui ne laisse pas insensible, notamment son ancien agent, le Luxembourgeois Bruno Heiderscheid.

Débarqué peu avant le transfert record, le natif du grand Duché a dû s’asseoir sur la commission promise entre 5 et 10 % du transfert. Soit entre 1,5 et 3 millions d’euros.

Pire, le garçon a été condamné, comme l’a raconté Bakchich, à verser un petit pécule de 400 000 euros à son ancien poulain par le tribunal arbitral du sport, devant lequel il avait voulu plaider son cas, et la rupture abusive de contrat dont il s’estimait victime… juste avant le jackpot du transfert vers Munich.

Un brin chocolat au sortir de l’audience suisse Heiderscheid a quasi immédiatement répliqué en déposant une plainte, au pénal cette fois, pour faux, usage de faux, escroquerie au jugement, contre un X assez large. Soit tous ceux qui ont eu, de près ou de loin, eu à toucher aux transferts de Franck Ribéry depuis 2005. Une sorte de who’s who des grands manitous du foot français. L’ancien président de l’OM Pape Diouf et son bras droit Julien Fournier ; les nouveaux agents de Ribéry Jean-Pierre Bernès et Alain Migliaccio (agent notamment de Zinédine Zidane) ; ou l’avocat de la fédération Française de football Jean-Jacques Bertrand.

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Franck Ribéry
© Mor’

Et la police marseillaise souhaite notamment interroger Franck Ribéry sur des documents signés lors de son arrivée à Marseille durant l’été 2005, en provenance du Galatasaray Istanbul.

Petit rappel des faits. Alors en bisbille avec le club turc, Ribéry signe à Marseille sans qu’aucune indemnité de transfert ne soit versée. Sauf que selon des documents que Bakchich a pu dégotter, le joueur serait allé sciemment au clash avec les dirigeants stambouliotes en échange d’une promesse de prime de Pape Diouf, à l’époque boss de l’OM, de 500 000 euros.

Ribéry atteste que Pape Diouf lui a promis une prime de 500 000 euros pour rompre son contrat avec Istanbul, une pratiqué condamnée par les instances du football - JPG - 26.3 ko
Ribéry atteste que Pape Diouf lui a promis une prime de 500 000 euros pour rompre son contrat avec Istanbul, une pratiqué condamnée par les instances du football
Le 2 novembre 2005, Ribéry réitère son attestation - JPG - 34.6 ko
Le 2 novembre 2005, Ribéry réitère son attestation

Une manœuvre illégale selon les doctes lois de la FIFA et de l’UEFA, qui interdisent à tout club de démarcher directement un joueur sous contrat avec un autre club.

« Tout dirigeant, administratif, joueur, éducateur ou arbitre, convaincu d’avoir, de manière occulte, directement ou indirectement, proposé ou sollicité, remis ou accepté des avantages financiers, fait l’objet d’une sanction allant d’une année de suspension à la radiation à vie », précise l’article 205 du règlement général de la Fédération française. Quant à la Fifa, elle annonce que « Seront sanctionnées toutes les personnes soumises aux Statuts de la FIFA et aux règlements de la FIFA (officiels de clubs, agents de joueurs, joueurs etc.) qui agissent de façon à provoquer une rupture de contrat entre un professionnel et un club, en vue de faciliter le transfert du joueur. »

Encore un peu plus gênant, ces réservations de billets et cette fiche de renseignement. Officiellement, Ribéry n’avait le droit de signer à l’OM que le 15 juin 2005, sauf à ce que le club paie un gros transfert au Galatasaray d’Istanbul. Date qui a bien été apposée à son contrat, et défendue devant le Tribunal arbitral du sport. Or, la fiche de renseignements est datée du 14. Et les billets d’avion laissent penser que Ribéry n’était plus à Marseille le 15, jour de la signature du contrat.

Apparemment, Ribéry et son agent n’étaient pas à Marseille le 15 juin, date à laquelle a été signé le contrat liant le joueur à l’OM…Etrange ! - JPG - 37.5 ko
Apparemment, Ribéry et son agent n’étaient pas à Marseille le 15 juin, date à laquelle a été signé le contrat liant le joueur à l’OM…Etrange !
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Rempli le 14 juin, la fiche de renseignement de Ribéry comme joueur de l’OM laisse supposer que le garçon a signé son contrat, avant le 15 juin, date déclarée - JPG - 35.5 ko
Rempli le 14 juin, la fiche de renseignement de Ribéry comme joueur de l’OM laisse supposer que le garçon a signé son contrat, avant le 15 juin, date déclarée

Au moins Ribéry aura-t-il eu le temps de potasser le dossier. Depuis début octobre, l’ailier du Bayern est confiné aux soins pour une inflammation des gros orteils qui l’obligent à se balader en pantoufles. Et l’éloigne des terrains. Petit hasard, début octobre, le siège de l’OM était perquisitionné dans le cadre de son affaire. Après la blessure, diplomatique, la blessure judiciaire…

Pour comprendre le maelström Ribéry, rien de tel qu’un petit rappel.


L’OM leader du championnat de France, un souci en moins pour son président Pape Diouf, coincé entre deux feuilletons. La prolongation du coach, Eric Gerets, et l’affaire Ribéry, qui, encore, rebondit.

Anciens et nouveaux agents de Ribéry continuent de se disputer. Avec en toile de fond, une enquête pour faux et escroquerie menée par les flics marseillais, qui fait du bruit… en Allemagne.

Heureux Ch’ti que Franck Ribéry, le joueur français du Bayern de Munich. Le Tribunal du sport a condamné son ancien agent à lui reverser 400 000 euros. Une sentence qui pourrait gêner ses actuels agents, les célébrissimes Jean-Pierre Bernès et Alain (…)