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Sepp Blatter va-t-il se faire la malle avec les milliards de la FIFA ?
Sepp Blatter le président de la FIFA s’est arrogé le droit de signer seul les chèques sans l’accord de son équipe ou de ses collègues. D’après des documents du registre du commerce de Zurich, Blatter a bénéficié de ce pouvoir pendant près de 20 ans.
Son prédécesseur Joào Havelange, qui fait actuellement l’objet d’une enquête de la part du Comité International Olympique pour corruption présumée, a bénéficié des mêmes dispositions. Toutefois pendant qu’il résidait à Rio, il transmettait ce pouvoir à Sepp Blatter, le Secrétaire Général de l’époque.
Alors même que des soupçons de corruption planent autour du Président Blatter, il peut, s’il le souhaite, tirer un chèque de 1,6 milliard de dollars sur le compte de la FIFA, amener sa valise vide à l’agence UBS de la rue de la Gare à Zurich puis s’arracher vers l’aéroport pour y prendre un jet payé par la FIFA (il n’utilise jamais les vols réguliers) et se réfugier dans un endroit sûr de Birmanie, de Russie, d’Azerbaïdjan ou du Zimbabwe où il a été chaudement reçu au cours de l’année.
Lorsqu’il a pris la présidence en 1998, Blatter a conservé ce pouvoir de signature unique, mais l’a contesté aux 3 secrétaires généraux successifs, y compris Jérôme Valcke actuellement en fonction, qui lui ont succédé. Même le président de la Commission Financière Julio Grondona ne dispose pas de ce pouvoir.
De drôles de comptes en banque
Monsieur Grondona fait actuellement l’objet d’une enquête de la police de Buenos Aires à la suite de la révélation il à 2 semaines, selon laquelle avec sa famille et des collaborateurs de confiance, il posséderait des comptes en Suisse pour plus de 70 millions de dollars. Bien que l’information ait été largement reprise par les médias suisses, Blatter n’a pas cru utile de traduire Grondona devant le Comité d’Ethique de la FIFA. La police de Buenos Aires poursuit ses investigations.
La révélation remet en cause les rapport rassurants produits par le Comité d’Audit de la FIFA. Lequel a été longtemps présidé par Franco Carraro du Comité International Olympique. En 2006, il a démissionné de ses fonctions de président de la fédération italienne de football après avoir été accusé d’être impliqué dans le scandale des matches truqués de la Juventus. Des accusations dont il a été totalement blanchi ultérieurement.
C’est lui qui a affirmé un jour que le Code d’Ethique de la FIFA « garantit la transparence et des pratiques strictement éthiques au sein des diverses structures de la FIFA ainsi que de la part de ses dirigeants et du football en général ».
Justino Fernandes, ancien gouverneur de Luanda, est une autre personnalité éminente du Comité d’Audit de la FIFA composé de 7 membres. Il a fait l’objet d’attaques de la part de George Soros, du Royaume Unis, des USA et du parlement européen, pour avoir fait jeter en prison en Angola un journaliste un peu trop critique.
9,5 millions de dollars de bakchich
On relève aussi la présence au sein du Comité d’Audit du brésilien José Carlos Salim, un proche de Ricardo Teixeira, membre du Comité Exécutif de la FIFA qui fait actuellement l’objet d’une enquête pour fraude fiscale et blanchiment, de la part de la police fédérale. Une investigation qui fait suite à la révélation par le magazine de la BBC Panorama, selon laquelle il aurait reçu 9,5 millions de dollars de bakchich de la part de la société titulaire des contrats de marketing relatifs à la Coupe du Monde de la FIFA. Monsieur Salim est l’un des dirigeants de la Fédération Brésilienne de Football présidée par Teixeira, organisatrice de la Coupe du Monde 2014.
Le pouvoir de signer seul dont dispose Blatter suscite des doutes sur les contrôles véritablement effectués par le Comité Exécutif. Son vice-président le camerounais Issa Hayatou fait l’objet d’une enquête du CIO pour corruption. Le paraguayen Nicolas Leoz a également été mis en cause dans Panorama qui l’accuse d’avoir empoché 730 000 dollars de pots de vin. Dans les deux cas, Blatter a refusé d’intervenir.
Quant à Chuck Blazer, l’américain de la bande, il ne semble pas avoir été troublé de s’être affranchi des règles de bonne gouvernance, en occupant à la fois les fonctions de secrétaire général et de trésorier de la confédération couvrant l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et la Caraïbe. Son patrimoine et ses comptes bancaires offshore sont en cours d’examen par le FBI. Bien entendu, Blatter refuse de déférer Blazer devant le Comité d’Ethique. Bien qu’aucune charge d’aucune sorte ne pèse sur Michel Platini, ni lui ni Geoff Thompson l’ancien vice-président britannique de la FIFA ou Jim Boyce de Belfast qui lui a récemment succédé, ne semblent avoir soulevé la question du pouvoir extraordinaire dont dispose Blatter.
Interdit de Fifa
Depuis 2003, ce journaliste est interdit de conférences de presse de la FIFA pour avoir publié un article documenté évoquant le bonus secret à 6 chiffres que Blatter s’attribue pour récompenser sa « loyauté ». Il a prétendu qu’il s’agissait d’une « fiction » et a manifesté son intention d’intenter une action judiciaire. Il n’en a rien fait. Il refuse de révéler le détail des salaires, bonus, remboursements de notes de frais et autres avantages qu’il se verse ; sans parler de ce qu’il prend en cash.
Traduction de l’article de Andrew Jennings paru sur son site (www.transparencyinsport.org) le 13 novembre 2011 sous le titre original : « Will Sepp Blatter flee with FIFA’s billions ? »
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