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La bonne année du fisc aux clubs de foot anglais

 

Les impôts de sa très grâcieuses majesté entrent en guerre contre les clubs de foot anglais. Ciblé, un régime fiscal un peu exhorbitant.

L’année 2012 commencent en fanfare pour 24 clubs de foot british qui viennent de recevoir, en guise de carte de vœux, un exemplaire du « Football Clubs Employment Issues Questionnaire- FCEIQ ». 

 

Le document en question, émis par L’unité des Grosses Fortunes (High Net Worth Unit – HNWU) du fisc britannique dirigée par l’exquis Martin Randall qui prodigue un traitement VIP aux 5 000 contribuables de Sa Majesté les plus fortunés (patrimoine net supérieur à 20 millions de £), risque de causer quelques migraines post-réveillon aux directeurs financiers des clubs de Premier League.

 

Randall qui dirige l’unité constituée en août 2009 (souvent surnommée « la brigade des riches » outre-Manche) a les dents longues. Il a ramené 85 millions de £ de redressement la première année, 162 millions de £ la seconde, et compte bien faire péter le compteur cette année.

 

 

Petit pont sous les charges patronales et les impôts

 

Dans ce but et histoire de mieux comprendre de quoi exactement se compose la rémunération totale des stars du ballon rond, il a d’abord envoyé ses pitbulls interviewer les directeurs financiers des clubs de Premier League ayant les plus grosses masses salariales. Une fois ce tour d’horizon réalisé, il leur a donc fait expédier le ‘FCEIQ’ évoqué plus haut à titre de remerciement pour leur aimable coopération. Ça porte évidemment sur les divers « avantages » extra-salariaux dont bénéficient les Rooney, Terry et autre Frank Lampard qui, du point de vue du fisc british, auraient pu par inadvertance, échapper à l’impôt sur le revenu des artistes (au taux de 50%) et aux contributions sociales à la charge de leurs employeurs.

 

Avantage en natures

 

Randall et ses enquêteurs semblent particulièrement intéressés par les billets d’avion en classe affaire, les séjours dans des palaces sous des horizons souvent aussi lointains qu’ensoleillés ou sur l’un ou l’autre des yachts du très hospitalier Roman Abramovitch propriétaire de Chelsea FC, les véhicules et les résidences de prestige, les cartes de crédit, la nourriture, les téléphones portables, mis gratuitement à disposition des joueurs, les soins au sens large et les services de sécurité personnels dont on les gâte afin de leur éviter d’être importunés par ces manants de supporters…Bref, de nombreux compléments indirects de revenu, sur lequel, Randall, au nom de la loi, veut sa part….

 

 

Le garçon en est même à s’interroger sur le sort fiscal et social que connaît le modeste complément de revenu pas vraiment publicitaire des stars footballistiques que leur versent leurs employeurs en contrepartie de leurs courtes apparitions sur les chaînes privées de télévision des clubs pour venir réciter  la veille des grands matches, les banalités écrites par les dircom’.

 

La Premier League, un brin indignée, a fait savoir que, de son point de vue, tout est en ordre depuis plus de 2 ans. A cette date, elle a prescrit à ses adhérents de modifier la présentation de leur déclaration sociale de fin d’exercice, de manière à y faire apparaître – promis, juré – tous les avantages annexes versés à leurs capricieux employés.  

 

Procès entre la fédération 

et le Trésor anglais

 

L’affaire n’est peut être qu’un nouvel épisode de la guerre d’usure que mène le fisc britannique contre son football professionnel et ses dérives financières. La situation avait empiré d’un cran à la suite de la « règle »  furieusement contestée par le fisc depuis un moment, selon laquelle en cas de procédure collective frappant un club de foot britannique, ses joueurs et son staff sont des créanciers super-privilêgiés, payés – en totalité s’il vous plait ! - avant tout le monde, y compris le trésor Public de sa Gracieuse Majesté. 

 

Mauvais joueur, ce dernier a d’ailleurs assigné en justice la Premier League Football Association pour le mois prochain afin de vérifier la légalité de la mesure. 

 

En France, la frénésie de dépenses somptuaires engagées par nouveaux propriétaires du PSG combinée à la nécessité de trouver du flouze à tous prix,  pourraient bien donner de mauvaises pensées au Trésor Public… 

 

 A quand l’édition d’un opuscule intitulé « le contrôle fiscal pour les nuls » ?