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Pierre Menès, « Le fair play financier, non mais j’rigole !»
Troisième et ultime partie de notre rencontre avec la grande gueule du Canal Football Club. Avec de nouvelles saillies, une rencontre avec Dieudonné et un film avec Farrugia.
Le premier volet de l'entretien consultable ici
Le second volet de l'entretien à déguster là
En effet, on te reproche souvent d’être cassant avec les cibles faciles et d’être plus effacé avec les « poids lourds », ca a été le cas avec Leonardo mais aussi avec Antonetti, par exemple.
Il s’agit de deux cas bien différents. En ce qui concerne Leonardo, il a répondu à toutes les questions que je lui ai posées et j’étais globalement satisfait de l’authenticité de ses réponses. Donc je ne voyais pas l’intérêt d’aller le titiller outre mesure. Je lui ai dit ce que je pensais concernant Kombouaré, qu’ils s’étaient mal conduits, que c’était du harcèlement moral. C’est sûr qu’il n’allait pas me répondre « Pierre t’as raison, j’suis un salaud ». Il défendait sa position brillamment, rien à dire.
Après avec Antonetti, c’était différent. La différence entre lui et moi, c’est que je ne pouvais pas perdre de vue le fait qu’on faisait une émission. Je lui ai dit que je m’emmerdais à regarder jouer son équipe, c’est quand même mon droit ! Par contre, quand Girard est venu et que je lui ai dit que c’était une équipe de voyous entrainée par un voyou, là oui c’était plus dur. C’est vrai qu’Antonetti m’a un peu dérouté ; à l’antenne il m’a parlé d'un article qu’il avait très mal pris, il n’avait pas du tout compris ce que j’avais voulu dire. C’est pour ca que quand on est sortis du plateau, je lui ai dit « Attends, de quoi tu parles ? » Dans cet article, on me demandait de comparer les trois entraineurs des clubs bretons, je disais que Gourcuff est un tacticien, Alex Dupont un meneur d’hommes et Antonetti un peu des deux. Il l’a mal pris, sur le mode « ouais, en gros, je ne suis rien du tout quoi », je lui ai expliqué qu’on s’était mal compris. Alors c’est vrai que quand il en a parlé sur le plateau c’était un peu déstabilisant. Mais honnêtement, je ne pense pas qu’être dans l’agression en permanence soit forcément la bonne attitude. Il faut être clair, si demain on me dit que l’invité du Canal Football Club sera Vikash Dhorasoo ou Claude Le Roy, je leur dirai que l’émission se fera sans moi.
« Je fais une émission de télé pas un concours de b…»
Pourquoi ?
Parce que je peux pas les saquer.
Et alors, vous n’avez jamais reçu d’invités qui t’agaçaient ?
Honnêtement, très rarement. Il y en avait que je ne connaissais pas. Par exemple, Patrice Carteron, l’entraineur de Dijon, quand il est venu, j’avais pas une super image de lui, mais j’ai beaucoup aimé son discours pendant l’émission, on a bien parlé ballon après, c’était chouette. Girard ne m’aime pas, je ne l’aime pas. Après, je ne me suis pas non plus déballonné devant Le Graët, mais je fais une émission de télé, pas un concours de b...
«Le meilleur comique selon moi
c'est Dieudonné»
Il y a d’autres surprises dans ton livre ?
Quand j’ai accepté de faire le livre chez Plon, j’ai dit OK, à la condition que je puisse rencontrer Dieudonné, parce que c’est un mec qui me fascine. Le pitch de cette rencontre, c’est : comment moi, petit fils d’un des derniers juifs arrêté par les Allemands à Tunis, j’ai pu être fasciné par un mec boycotté par la communauté juive? Je l’ai rencontré il y a quinze jours, au théâtre de la Main d’or. Tout est parti de l’émission de Cyril Hanouna que j’ai faite il y a quelques temps, où il me demandait qui était le meilleur comique selon moi. Instantanément je réponds « Dieudonné ». Pour moi c’est clair, y a lui, puis y a les autres. Sur le plateau pas de réaction, pas de gens offusqués. Immédiatement, je me retrouve sur youtube et puis jssnews fait un papier qui me traite d’antisémite. J’envoie un mail à l’auteur, en lui disant « vous êtes bien gentils mais mon grand père juif a été arrêté pendant la guerre » ce qui est drôle c’est que le mec a refait un papier, quasi dithyrambique cette fois ci, avec des commentaires du genre « tu sais que si ton grand père était juif, tu peux demander un passeport israélien » Mais pour quoi faire ? Je suis français.

Qu’il soit antisioniste, je peux tout à fait le concevoir mais à un moment tu ne peux pas faire venir Faurisson sur la scène du zénith, il y a des limites à ne pas dépasser. Il se défend en disant que c’est de la provoc. Ce à quoi j’ai répondu « pour toi, c’est de la provoc ; lui, c’est le plus beau jour de sa vie » Cela dit, j’ai rencontré un mec super apaisé. J’espère qu’il en sortira quelque chose de positif, pas juste un scandale à deux francs, mais je prends le risque. Sinon, parmi mes autres projets, il y a l’écriture de mon film, aussi.
«Je veux faire un film qui aime le foot»
Sur le foot ?
Oui. A part trois zéro, ces dernières années, il n’y a pas eu beaucoup de films traitant du milieu footballistique. Trois zéro était une comédie, je jouais dedans, mon propre rôle. En octobre, je rencontre Farrugia, qui me dit qu’il aimerait faire un film sur le foot mais pas une comédie. Je lui ai écrit une histoire qui lui a beaucoup plu, et on a décidé de bosser ensemble.
Le pitch ?
En quelques mots, c’est l’histoire d’un gamin de 18 ans qu’on a surnommé Mozart, qui est au centre de formation du Racing Club de Lens. Il a un grave accident de mobylette et se fracture le fémur. Il reste deux ans sans jouer et perd sa place au centre de formation, puis bouge dans un petit club. Il est tellement content jouer à nouveau qu’il ne réalise pas qu’il a retrouvé son niveau. Puis un événement va se produire dans sa vie, qui le renverra vers les sommets…
Au final, au ciné, le foot a soit servi de prétexte, que ce soit dans A mort l’arbitre de Mocky, ou dans Coup de tête, soit c’est un moyen pour dénoncer comme dans trois zéro…
Ton film à toi ne dénoncera pas ?
Ah non, moi je veux faire un film qui aime le foot.
« Platini critique l’argent du Qatar au PSG, mais qui vend la Ligue des Champions à Al Jazeera ?»
C est pas incompatible, si ?
Je n’ai rien à dénoncer là dedans. Ce que tu peux éventuellement montrer c est à quel point c’est dur. On en revient à notre conversation de tout à l’heure, sur le salaire des footeux. Il s’agit de mecs qui sacrifient tout : leurs études, leur jeunesse. Aujourd’hui, si tu veux devenir pro, il faut le choisir à 13, 14 ans. Combien de mecs ont vu leurs rêves de carrière se briser, combien sont restés sur le carreau ? Moi, je dis toujours, quand un footballeur gagne 500 000 euros par mois , ca compense tous ceux qui ont foiré. Leur carrière peut stopper net sur une croissance mal gérée, une blessure, une prise de poids, une incompatibilité avec un entraineur, ca ne tient à rien. C'est tout ca, cet envers du décor que j ai voulu montrer.
Pour finir sur une note plus légère, la question de la vente d’alcool au Qatar pour la Coupe du Monde, t'en penses quoi ?
Moi, je m’en fous je ne bois pas, j’aime pas ca. Ce qui me pose problème, c est plutôt de savoir comment on va faire une Coupe du Monde dans un pays où il fait cinquante degrés. Alors, il y a des clims machines de guerre dans les stades mais pendant les entrainements, ca sera climatisé ? Platini il est là pour critiquer l’argent du Qatar au PSG, mais qui vend la Ligue des Champions à Al Jazeera ? C’est le même mec. Faites ce que je dis, pas ce que je fais…Enfin c’est Platini hein, on ne peut rien dire, on ne va pas toucher à la statue du Commandeur. Moi j’adorais Platini comme joueur, je suis beaucoup moins enthousiaste avec le Platini président de l’UEFA. Cela dit, je trouve qu’en France il est relativement épargné. Refuser la vidéo dans le foot, c est rétrograde, faux derche, enfin c’est aussi ce qu’était le Platini joueur : après moi l’déluge, tout ce qui vient après moi, c’est de la merde. Le fair play financier, non mais j’rigole ! Deux avocats d’affaire un peu calés te retournent ca en deux minutes.
Sinon, t’as une connerie à ajouter ?
…On en a déjà assez dites, non ?







