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Jean-Pierre Bernès, agent double en sélection
La sélection du milieu de terrain lyonnais Yoann Gourcuff dans la pré-liste appelé à disputer l'Euro interroge à nouveau sur le rôle de son agent...qu'il partage entre autres avec le coach de l'Equipe de France Laurent Blanc.
Evoquant, les cancers du dopage et des matches truqués, Valérie Fourneyron, nouvelle ministre des Sports s’est dit très attachée « à la sincérité du résultat ». C’est bien le moins…
Au chapitre « Football » de son ministère, elle va donc pouvoir donner toute la mesure de sa détermination tant la sincérité au sens très large, y est devenue une denrée rare.
Le 11 janvier par exemple, son prédécesseur faisait savoir qu’il se penchait sur le problème des conflits d’intérêt chez les agents de joueurs.
Une formule un brin alambiquée pour décrire la situation singulière du dénommé Jean-Pierre Bernès, agent incontournable - officiel ou pas - d’une palanquée de joueurs français de niveau international et d’entraîneurs, au premier rang desquels – hiérarchie oblige – apparaît le nom du « Président » Laurent Blanc, sélectionneur des bleus et co-signataire d’un communiqué inédit du 26 janvier 2012.
Le noeud du problème
Comme l’on sait, le document consacre la divergence d’opinion entre « le président » de l’équipe de France et celui moins médiatique de la FFF à savoir Noël Le Graet, au sujet de l’éventuelle prolongation de bail du premier à la tête de l’équipe de France après l’Euro.
C’est Bixente Lizarazu, champion du monde 98 et d’Europe en 2000, devenu un très convenable consultant de TF1 en matière footballistique, qui nous a fourni les clefs de décryptage du différend opposant officiellement les 2 présidents : « …La 3ème chose, et à mon avis c’est peut être le nœud de ce problème, il s’appelle Jean-Pierre Bernès. Jean-Pierre Bernès, c’est l’agent de Laurent Blanc ; c’est l’agent de certains joueurs de l’équipe de France et il faut savoir que Noël le Graet était président de la Ligue lorsqu’il y a eu l’affaire VA-OM, cette fameuse histoire de corruption, et Nöel le Graet avait porté plainte contre Jean-Pierre Bernès. Et je pense que Jean-Pierre Bernès symbolise d’une certaine façon, un problème de confiance entre Laurent Blanc et Nöel Le Graet, et c’est pour ça qu’aujourd’hui ils ont beaucoup de mal à communiquer… »

Une tension qui n’est sans doute pas près de s’atténuer après la stupéfiante « pré-sélection » le 15 mai, du très bien élevé Yoann Gourcuff, dans la liste des 26 joueurs susceptibles de disputer l’Euro dans un mois.
Arborant la tronche de faux-cul la plus travaillée de sa garde-robe, le sélectionneur national a tenté de s’en expliquer. Péniblement : « …On sait ce qu’il est capable de nous amener ; encore faut-il qu’il soit à 100% physiquement et psychologiquement. Je pense qu’il ne l’est pas. Je pense qu’on peut, peut être l’aider à faire en sorte qu’il le soit. Le temps est compté, mais on se donne la possibilité de pouvoir réussir… »
Au delà du jargon qu’on s’attend d’avantage à trouver dans la bouche d’un commissaire politique Nord-Coréen et de la sidération qu’il a suscité chez les journalistes présents lors de l’événement, la décision du « Président » Blanc fera date.
Le bilan indéfendable de Gourcuff
Elle est en effet, en totale contradiction avec ses propos antérieurs selon lesquels il sélectionne les joueurs sur la base de leur temps de jeu, de leurs performances et de la fréquence de leur titularisation dans leur club.
Gourcuff, traumatisé par les circonstances du naufrage des Bleus lors de la dernière Coupe du Monde dont il ne s’est jamais ressaisi, n’est plus que l’ombre de lui-même en dépit de sa fraîcheur physique due à sa relative inactivité.
A Lyon au cours de la saison qui s’achève, il a disputé 13 malheureux matchs dont 10 comme titulaires, totalisant l’impressionnant temps de jeu de 811 minutes… Ses détracteurs les plus farouches, certes pas les plus nombreux, affirment qu’il n’est même plus aujourd’hui du niveau de L1. Le sélectionner, même à titre temporaire, est donc une décision qui ne peut que susciter polémiques et interrogations…
Blanc, qui inaugure avec Gourcuff, le concept inédit d’une Equipe de France, «atelier de remise en état de joueurs cabossés psychologiquement», ne pourra longtemps dissimuler la véritable raison de l’invraisemblable sélection de l’ex-meneur de jeu : complaire à « leur » agent commun, le dénommé Jean-Pierre Bernès évoqué plus haut, qui, s’inquiétant légitimement de la baisse de valeur de son joueur sur le marché des transferts, s’efforce de lui redonner un semblant de bonne mine, en exigeant du sélectionneur fragilisé de l’équipe de France dont il est également l’agent et qui ne peut manifestement rien lui refuser, de faire le sale travail.
Le bilan de Gourcuff est « indéfendable » dans son club a concédé Laurent Blanc. Celui du sélectionneur de l’équipe de France pourrait bien le devenir si par de décisions aussi discutables, son équipe venait à être éliminée prématurément de l’Euro le mois prochain.
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