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Touche pas à ma crête !
Pour redorer le blason de l’Olympique de Marseille , José Anigo, soutenu par Elie Baup, a décidé de priver les joueurs de crêtes. Retour sur une leçon de (mauvaise) éducation.
On savait le football professionnel fâché avec le Droit du Travail.
José Anigo, gardien auto proclamé des vertus cardinales de l’OM vient d’en donner une pitoyable confirmation avec son « interdiction » aux joueurs, totalement fantaisiste et dénuée de tout fondement juridique, d’arborer une crête en guise de coupe de cheveux.
Elie Baup, le nouvel entraîneur a surenchéri dans l’absurde avec sa formule à l’emporte-pièce selon laquelle « il faut respecter l’image que l’on veut transmettre ». Difficile de trouver paralogisme plus stupide ni plus insensé …Qui en effet pourrait envisager un seul instant de donner volontairement de lui une image publique qui le dessert ? A plus forte raison lorsque cette image est l’une des composantes de son gagne-pain…
Etrangement, cette même image présumée brouillée de « sauvageons » aux coiffures improbables ne dérange plus personne dès lors qu’elle est exploitée « de manière collective » comme l’indique la Convention Collective des Métiers du Football. Autrement dit au profit exclusif de leur employeur dans le cadre de campagnes publicitaires mettant en scène au moins 5 joueurs de l’effectif, fussent-ils échevelés.

A la place de ces rodomontades dignes de Pagnol, on aurait aimé par exemple, recueillir des explications de la part des dirigeants si éclairés du football phocéen sur les raisons aux dires du journal La Provence de mardi 10 juillet, de l’échec intégral des 14 jeunes pensionnaires du centre dit « de formation » du club, présentés cette année au baccalauréat.
Lorsque l’on connaît le niveau d’instruction réellement exigé de leurs jeunes recrues par les centres de formation français, on mesure l’ampleur du désastre scolaire Olympien et à quel point les stratèges du club sont à côté de la plaque lorsqu’ils oublient que le respect en question ne se décrète pas mais se gagne, au fil du temps, par un comportement exemplaire.
Comme d’autres avant eux hélas, ils recueillent aujourd’hui le résultat du double discours cynique tenu depuis longtemps dans la majorité des centres de formation des clubs professionnels français :
D’un côté on amène sournoisement les gamins présentant les meilleures aptitudes physiques et sportives et qui piaffent d’impatience de faire leurs premières armes avec la « réserve pro », à conclure d’eux-mêmes qu’ils vont devoir assez vite faire un choix pas vraiment déchirant entre « les études » et « la discipline sportive »
De l’autre on débite les propos aussi lénifiants que convenus, supposés rassurer leurs parents qui, pour les plus lucides d’entre eux, s’inquiètent légitimement en constatant qu’à quelques semaines du bac’ leur progéniture demeure obstinément incapable d’effectuer ne serait-ce qu’une modeste « règle de 3 »…
Money, Power, Respect ?
Quant au fameux « respect » si cher à « Coach Elie » ; parlons-en ! Le football professionnel est un océan d’irrespect du droit ; à commencer par celui du Travail.
Les rémunérations parfois excessives versées à leurs artistes par les entreprises de spectacle que sont les clubs sportifs professionnels sont en effet trompeuses ; elles dissimulent le déséquilibre effarant du rapport de force entre employeurs et employés :
Illégales en effet les amendes infantilisantes qu’on leur inflige pour un oui ou un non ; illégales encore les clauses dites « libératoires » qu’on les contraint à accepter en même temps que leurs contrats de travail et qui ont surtout pour conséquence de transformer des contrats d’usage à durée déterminée en CDI ! Toute aussi scandaleusement illégale, l’obligation faite par la FIFA aux joueurs de football, de recourir à la justice sportive en s’interdisant par principe, de présenter leurs doléances aux tribunaux civils en cas de besoin. Et l’on pourrait multiplier les exemples, petits et grands, à l’infini !
Des garnements sans éducation qui terniraient dit-on « l’image » pieuse de l’Equipe de France ? Mais alors comment devrait-on qualifier l’attitude de leurs employeurs qui font, par exemple, mine d’oublier qu’en vertu de l’article L125-3 du Code du Travail, « toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre est interdite sous peine des sanctions prévues à l’article 152-3 si ce n’est pas une opération faite dans le cadre du travail temporaire » ?
En d’autres termes et jusqu’à preuve du contraire, être indemnisés comme l’exigent les clubs de manière insistante et quel que soit l’habillage juridique et les fondements d’une telle requête, en contrepartie de la mise à disposition de l’Equipe de France, des membres de leur personnel arborant éventuellement des crêtes, serait du « marchandage » explicitement prohibé et réprimé par la loi…
L’exigence à sens unique de respect et de bonne éducation, ça les défrise pas un peu ces messieurs Anigo et Baup ?







