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JO de Londres : la prise de tête du Hijab
Un petit bout de tissu provoque des discussions de chiffonniers dans les hautes sphères olympiques.
C’est vendredi 3 août que Wodjan Al Seraj Abdulrahim Shaherkani doit faire ses débuts dans la compétition olympique de judo dont la délégation française attend beaucoup et Teddy Riner encore plus.
Subsiste toutefois un doute sur la participation de la jeune fille : en cause, le port du foulard islamique que les autorités d’Arabie Saoudite ont exigé de la part des athlètes saoudiennes sélectionnées pour les JO de Londres.
Avant d’avoir pris part à la première épreuve, Shaherkani et sa collègue Sarah Attar, qui fait dans la course à pied, sont donc déjà sous les feux de la rampe.
Tatamis de la discorde
Et la Fédération Internationale de Judo, (FIJ) qui peut difficilement affirmer qu’elle est prise par surprise, ne l’entend pas de cette oreille : « La seule différence entre les compétitrices doit être leur niveau de judo » vient d’indiquer son porte-parole, Nicolas Messner, relayant les propos tenus la veille 26 juillet par son président Marius Vizer, selon lesquels la jeune fille prendrait part à la compétition « selon les principes et l’esprit du judo » autrement dit en kimono et tête nue.
Il ne reste donc que quelques jours au Comité Olympique national d’Arabie Saoudite, au Comité International Olympique (CIO) et à la Fédération Internationale de Judo pour trouver une solution. Même si le porte-parole du CIO, le très consensuel Mark Adams, affirme « qu’il existe un choix d’options »:
Soit qu’en vertu de l’article 50 de la Charte Olympique, (« aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ») les athlètes désireuses de concourir avec la tête couverte du hijab seront exclues, mais dans ce cas, pourquoi les avoir laissé venir jusqu’à Londres pour leur infliger un affront pareil?
Soit qu’elles seront autorisées à concourir, et c’est l’ouverture de la porte par laquelle s’engouffreront légitimement toutes les sportives de confession musulmane observant strictement le dress-code prescrit par les autorités politico-spirituelles de leurs pays respectifs, mais aussi et pourquoi pas, leurs collègues masculins sikhs ou juifs orthodoxes pour autant que leurs guides spirituels estiment que ce n’est pas de nature à nuire à leurs performances.
Les entorses de la Fifa
Les valeurs laïques de l’Olympisme ont de toute façon déjà pris un petit tacle par derrière lorsque l’International Football Association Board, ce fameux « Board » qui fait la pluie et le beau temps en matière de règles du jeu, a autorisé le port du voile, foulard, hijab, peu importe comment on le désigne. Une décision prise au prétexte que l’interdiction du foulard constituait une forme de « restriction religieuse » excluant de fait, de la pratique du football, un grand nombre de pratiquantes musulmanes.
Pour mémoire, la demande en avait été faite par la Confédération Asiatique de Football et le prince Ali Bin al-Hussein de Jordanie, le plus dynamique des 6 vice-présidents de la FIFA que Michel Vautrot, qui fait la fierté de l’arbitrage made in France, tient en haute estime.
Nul ne peut affirmer que le « Board » se soit laissé influencer par la montée en puissance économique de l’Emirat du Qatar dans le sport en général, et le football en particulier.

La laïcité s'arrête aux portes du Stade?
Un certain nombre d’associations féminines avaient d’ailleurs fait savoir tout le mal qu’elles pensaient de cette mesure, dans une lettre ouverte à Sepp Blatter, président de la FIFA. Connaissant le personnage, elles auraient aussi pu lui rappeler qu’en Grèce antique, depuis le 8ème siècle avant J.C., les athlètes participant aux jeux olympiques, concouraient entièrement nus de la tête aux pieds ! Une sacrée leçon de laïcité à laquelle il aurait pu être sensible…
Pas inutile non plus, lorsque l’on parle de jeunesse, de sport et d’éducation au sens large, de rappeler notre loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 qui, en application du principe de laïcité, encadre le port de signes ou de tenues « manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics ».
Etrangement, notre législateur avait –volontairement ? – omis de mentionner les stades.
L’éternel débat qui ne s’était pas illustré par une grande sérénité va donc s’ouvrir de nouveau. On ne sait s’il faut en remercier les seigneurs des anneaux…
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